Jeudi 11 juin, la CGT a posé un préavis de grève et a manifesté devant le théâtre Georges-Leygues pour dénoncer un mode de fonctionnement.
Le torchon brûle-t-il ? C’est encore bien trop tôt pour le dire mais la colère de certains agents municipaux vis-à-vis de la gestion par les élus couve depuis un petit moment. Au point de se transformer en grève et manifestation devant le théâtre Georges-Leygues jeudi 11 juin. Secrétaire général de la CGT des territoriaux, Kamel Sekkiou ne mâche pas ses mots pour décrire un quotidien de plus en plus compliqué.
« Ils ont menti »
Le point de départ de cette crise ouverte ? Une lecture à deux vitesses quant à l’état des finances de la ville. « Ça fait des années qu’on nous dit : « On n’a pas d’argent » », s’agace le délégué syndical. Un discours difficile à avaler selon lui quand l’enveloppe consacrée aux indemnités des élus sur le mandat approche les 2 M€, pour un peu plus d’une vingtaine de personnes. « Rien que leur augmentation, c’est 600 000 €. Ce qu’on demandait pour les agents, c’est-à-dire une prime de fin d’année de 500 euros pour tout le monde car on n’a pas de 13e mois, ça représentait 200 000 euros. À partir de là, ils ont menti. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’argent. On ne sait juste pas où il passe. »
Cette colère s’enracine d’autant plus que plusieurs services estiment subir de plein fouet des coupes budgétaires, « à l’exception notable de l’événementiel ». Le syndicaliste fustige une politique du « bling-bling » au détriment des services essentiels, notamment les établissements scolaires : « Au lieu d’investir dans les écoles qui prennent l’eau, où le chauffage ne marche pas et où les dortoirs des maternelles montent à 30 degrés sans aucune climatisation, on préfère faire des concerts. »
Inégalités et souffrance au travail
Sur le terrain, la baisse des moyens se traduit, dit la CGT, par une perte d’efficacité du service public et un recours coûteux au secteur privé. Kamel Sekkiou pointe également du doigt l’opacité de la gestion interne, notamment autour des 250 000 à 300 000 € d’heures supplémentaires payées chaque année, dont les bénéficiaires restent « inconnus » des syndicats, ou encore les inégalités dans les indemnités IFSE. « Quand on est une famille, on partage le gâteau équitablement. Les parents ne vont pas tout manger et laisser des miettes aux enfants », image-t-il.
Face à ce qu’il qualifie de « mépris » de la part d’élus que « certains services ne connaissent même pas » depuis le renouvellement de mars dernier, la tension est palpable à la mairie… comme à l’Agglo. « Tout le monde ne fait pas grève, car certains espèrent encore voir les choses bouger mais l’ensemble des syndicats demandent les mêmes choses. De notre côté, on n’y croit plus. Cela ne nous intéresse pas d’aller au rapport de force mais, à un moment donné, on est obligé d’y passer », regrette Kamel Sekkiou.
Les syndicats, à l’unisson sur la question du pouvoir d’achat, rappellent la réalité d’un service public « indispensable mais usant » : « On ne peut pas demander à des agents qui balayent les rues à 61 ans d’être payés 100 euros au-dessus du SMIC. Surtout quand ils sont confrontés à la violence de certains citoyens. On a été applaudis pendant le Covid, maintenant on est méprisés. Tout ce qu’on demande, c’est de vivre dignement de notre salaire. » Un Comité social territorial crucial se tiendra le 30 juin.







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