Indemnités des élus à Villeneuve-sur-Lot : l’opposition attaque, la majorité assume

Le tout premier conseil municipal de ce nouveau mandat Lepers a donné lieu à un premier pugilat verbal autour de la rémunération des adjoints et conseillers délégués.

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Combien gagnent vraiment nos élus ? C’est une question que beaucoup de citoyens se posent et qui ne manque jamais de faire débat. Villeneuve-sur-Lot n’échappe pas à la règle et ce fut d’ailleurs la principale « animation » du tout premier conseil municipal post-installation, jeudi 9 avril. Déjà entendue pendant la campagne, l’antithèse « servir ou se servir » est revenue sur la table.

Le premier à porter l’estocade fut Geoffroy Gary, leader du groupe d’opposition d’« union des droites ». Évoquant « la crise du pouvoir d’achat » qui frappe les Villeneuvois, le candidat du Rassemblement national appelle la majorité à « montrer l’exemple ». Il cite notamment la démarche en ce sens de Youcef Cherchari à Casseneuil. Selon lui, il serait possible de réaliser des économies allant jusqu’à 131 000 €/an et concernant la majoration de chef-lieu, on parle de 250 000 € sur la mandature. « On aura bientôt à débattre du budget de la Ville et, là, il y a de sacrés problèmes », complète-t-il, estimant que chaque geste aura son importance.

« Pas acceptable »

Un peu plus tard, la figure de proue de la gauche, Thomas Bouyssonnie, a lui aussi sorti la calculatrice. « Ces textes engagent 1,86 M€ d’argent public sur six ans, avec un surcoût approchant les 600 000 € par rapport au mandat précédent, soit 46% de hausse sur cette enveloppe consacrée à la rémunération des élus. Avec +670 €/mois pour le maire, +330 € pour les adjoints et +300 € pour les conseillers délégués qui sont au passage plus nombreux, il y a pour moi un loup. Effectivement, c’est légal et prévu par les textes, mais, pour nous, ce n’est pas acceptable. C’est autant d’argent qu’on aurait pu consacrer au pouvoir d’achat des Villeneuvois, en baissant le prix de la cantine ou des repas du CCAS. Est-ce qu’on augmente de 46% la rémunération des agents de la Ville qui, eux aussi, pour certains, travaillent la nuit ? Je ne crois pas… », lance-t-il.

« Je suis très à l’aise »  

Face à ces deux réquisitoires de ses oppositions, le premier édile ne s’est pas démonté : « Je suis très à l’aise sur l’indemnité des élus. Autant il y a six ans, j’aurais pu tenir un discours différent mais on a un mandat derrière nous et je sais quel est l’engagement des adjoints et des délégués. Ils s’investissent énormément. On a une équipe encore plus motivée. Je leur demande beaucoup, avec des objectifs très clairs pour chacun. Cela prend du temps. Certains demandent des dérogations dans leur travail, font des ajustements dans leur vie familiale. Les gens ne le savent pas forcément mais on parle d’une présence jour et nuit avec les astreintes. Et je remercie les délégués d’avoir proposé d’aider les adjoints. Alors je n’ai pas honte de ces indemnités, je pense au contraire qu’elles sont justifiées. Les élus doivent être accompagnés à ce niveau. J’aurais pu aussi monter le curseur personnellement. Je ne le fais pas justement par respect pour mes collègues. » Guillaume Lepers n’a cependant pas apprécié deux insinuations, l’une de la part de la gauche vis-à-vis d’anciens revenus dans le privé et l’autre, venant de Geoffroy Gary, sur la supposée superposition des indemnités de député maire pendant ce premier mois de chevauchement. « Je ne vous laisserai pas propager des mensonges. Je cumule le boulot mais pas les indemnités », a-t-il vivement rétorqué.

Cette première vraie joute devrait en appeler d’autres très prochainement, en particulier avec le vote sensible du budget. « J’ai compris comment ces conseils allaient se passer… », confie Guillaume Lepers.

La rémunération du maire, de ses adjoints et des délégués //

Le Code général des collectivités territoriales encadre rigoureusement les « indemnités » allouées aux élus, le terme de « rémunération » n’étant pas le plus approprié d’un point de vue juridique. En fonction du nombre d’habitants, un taux maximal peut être appliqué à un indice de référence. Selon divers critères, des majorations sont possibles. Libre à l’exécutif concerné de s’octroyer moins que le plafond légal.

Entre le taux fixé (57%) et les deux majorations ajoutées, voici le détail mensuel à Villeneuve-sur-Lot :

3 332 € pour le maire

1 355 € pour les adjoints

744 € pour les conseillers municipaux avec délégation

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