Mort de Mélanie Lemée : en appel, la peine de Yassine El Azizi réduite à 26 ans de réclusion criminelle

Jugé en appel devant la cour d'assises du Gers pour la mort de la gendarme Mélanie Lemée, percutée lors d'un barrage routier en 2020 à Port-Sainte-Marie, Yassine El Azizi a été condamné à 26 ans de réclusion criminelle. Une peine inférieure de quatre ans à celle prononcée en première instance.

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Après sept jours d’audience et plus de six heures de délibéré, la cour d’assises du Gers a rendu son verdict ce mardi 9 juin. Yassine El Azizi, 32 ans, a été reconnu coupable de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner et condamné à 26 ans de réclusion criminelle pour la mort de la gendarme Mélanie Lemée.

La décision ne constitue pas une surprise sur le fond. Comme lors du procès organisé à Agen en première instance, les jurés ont retenu la qualification criminelle défendue par l’accusation. En revanche, ils ont choisi d’abaisser la peine de quatre années, celle-ci passant de 30 à 26 ans de réclusion.

Ce drame qui avait bouleversé le pays

Les faits remontent au 4 juillet 2020. Ce soir-là, Mélanie Lemée, gendarme de 25 ans et ancienne championne de France militaire de judo, participe à un dispositif de contrôle routier installé sur la D813, à hauteur de Port-Sainte-Marie. Au volant d’une Renault Clio, Yassine El Azizi tente alors d’échapper à une patrouille qui le poursuit depuis plusieurs kilomètres. Sans permis de conduire, sous l’emprise de stupéfiants et transportant près de 160 grammes de cocaïne, il roule à très vive allure lorsqu’il arrive au niveau du barrage.

Selon les éléments retenus au cours de l’instruction, le véhicule circule à près de 150 km/h lorsque le conducteur déboîte pour contourner les herses déployées sur la chaussée. La voiture percute alors mortellement la jeune gendarme. La disparition de Mélanie Lemée avait suscité une émotion considérable bien au-delà du Lot-et-Garonne, donnant lieu à plusieurs hommages nationaux.

Le cœur du débat : ce qu’a vu le conducteur

Tout au long de ce procès en appel, la question centrale est restée identique : Yassine El Azizi avait-il conscience de la présence de la gendarme au moment de sa manœuvre ? L’accusé a maintenu sa version des faits. Il affirme ne pas avoir vu Mélanie Lemée avant l’impact, expliquant avoir uniquement cherché à éviter les herses afin de poursuivre sa fuite.

Ses avocats, Me Édouard Martial et Me Victor Casellas, ont demandé aux jurés de requalifier les faits en homicide involontaire aggravé. Ils ont notamment insisté sur les conclusions des experts automobiles, selon lesquelles quelques secondes seulement se sont écoulées entre l’apparition du barrage et la collision.

Pour l’accusation, au contraire, le choix de contourner volontairement le dispositif routier constituait bien une violence délibérée. L’avocat général Pierre Sennès avait requis la confirmation pure et simple de la peine de 30 ans prononcée à Agen.

Peine réduite mais une qualification confirmée

Les jurés n’ont finalement pas suivi la défense sur la qualification des faits. Ils ont considéré que Yassine El Azizi avait bien commis des violences volontaires en forçant le barrage routier, tout en écartant l’intention de donner la mort. En revanche, ils ont estimé qu’une peine de 26 ans de réclusion était plus adaptée que les 30 années prononcées en première instance.

Cette décision met un terme à près de cinq années de procédure judiciaire autour d’une affaire qui a profondément marqué les forces de l’ordre et le territoire lot-et-garonnais.

À l’audience, les parents de Mélanie Lemée ont une nouvelle fois exprimé leur douleur et leur volonté de continuer à faire vivre la mémoire de leur fille. Éprouvés par la longueur de la procédure, ils avaient confié espérer « pouvoir désormais se tourner vers l’avenir, sans jamais oublier celle dont la disparition avait bouleversé leur existence. »

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