Enseignement : pas de menace sur l’avenir du Campus de Villeneuve

La décision unilatérale de l'Université de Bordeaux de se désengager du dispositif « Campus connecté » a soulevé des inquiétudes mais sera probablement sans conséquence d'après les élus.

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« À la rentrée, le Campus ouvrira ses portes aux étudiants comme d’habitude, dans les mêmes conditions qu’auparavant ! » Béatrice Vaquier, vice-présidente de la Communauté d’agglomération du Grand Villeneuvois en charge notamment de la formation, se veut rassurante. Après une alerte qui a mis tout le monde sur le pied de guerre, les craintes entourant le pôle d’enseignement supérieur semblent finalement s’estomper. Tout est parti d’une décision « unilatérale » de l’Université de Bordeaux. Celle-ci, pour des raisons budgétaires, a décidé de se désengager d’un dispositif qui a permis à des communes comme Villeneuve-sur-Lot d’offrir à leurs jeunes de nouvelles orientations post-bac. Impulsé en 2019 sous la mandature Cassany puis développé pendant l’ère Lepers-Régnier, le Campus connecté s’est avéré être un grand succès. « C’est l’un des trois plus importants du pays », clame Béatrice Vaquier. Chaque année, la structure voit ses effectifs augmenter de manière considérable jusqu’à atteindre 69 étudiants inscrits à ce jour. L’engouement ne s’est pas limité aux seules formations universitaires à distance puisque d’autres organismes dispensent, en présentiel, des formations dans les locaux de l’ancienne école Jeanne-d’Arc et son annexe voisine boulevard Danton. On peut citer, entre autres, le lycée L’Oustal, Sud Business School, le C2RT, Médical Sciences et de futures parties prenantes comme l’École supérieure de la banque… Tout un écosystème à l’échelle de la Vallée du Lot. La simple idée de voir la dynamique être ralentie ou, pire, stoppée, fait alors logiquement bondir les élus.

« L’engagement » total de l’État 

Dans les faits, la menace n’est pas si grande. « L’Université de Bordeaux n’intervient pas directement sur le plan financier. Notre principal partenaire est la Banque des territoires. Nous les avons rencontrés il y a deux mois pour un bilan et ils se sont montrés très satisfaits des résultats », souligne Béatrice Vaquier. Interpellé, l’État a aussi réaffirmé tout son soutien au dispositif. D’abord par la voix du Premier ministre lors d’un échange téléphonique avec Guillaume Lepers (président de la CAGV) puis dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale à la suite d’une question de la députée Émeline Rey. « Soucieux de garantir l’accès de toutes et de tous à l’enseignement supérieur, vous pouvez compter sur notre engagement pour l’ensemble de ses dispositifs », a répondu le ministre Philippe Baptiste. Il évoque un refinancement à hauteur de 12 M€ dans les deux années qui viennent. Quant au cas spécifique du Campus de Villeneuve, le membre du gouvernement a confirmé des discussions impliquant l’Académie pour que l’Éducation nationale puisse « partager certaines fonctions de gestion et de pilotage ». « Et si cette solution ne devait pas aboutir, d’autres pistes seraient naturellement recherchées », ajoute-t-il. L’adossement à une autre université n’est pas à exclure. Pour Béatrice Vaquier, l’affaire relève plus du « désordre administratif » que d’une véritable menace. Les quatre postes de tuteurs, incluant le directeur Jonathan Chibois, ne sont pas en danger. Idem pour les projets de développement à venir. L’élue communautaire insiste sur le fait que tous les cursus proposés restent accessibles et que les étudiants peuvent continuer à s’inscrire à tout instant pour la prochaine rentrée ou les sessions de janvier 2027. Sans conséquence à court terme, l’épisode aura au moins eu le mérite de clarifier la position des autorités vis-à-vis des Campus connectés. Une bonne nouvelle. Car, comme le rappelle Guillaume Lepers, « la formation n’est pas un sujet secondaire. C’est l’emploi de demain. Ce sont les compétences dont nos entreprises auront besoin. C’est l’attractivité de nos territoires. C’est aussi la capacité de notre jeunesse à construire son avenir sans être contrainte de quitter son territoire faute de solutions adaptées. » 

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