À Agen, un « ciel de rue » pour rafraîchir le boulevard de la République

Face aux épisodes de canicule de plus en plus fréquents, la Ville d'Agen déploie plus de 1 000 m² d'ombrières végétales sur le boulevard piéton. Une solution transitoire avant un vaste plan de végétalisation annoncé dès cet automne.

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Depuis le début de la semaine, les Agenais lèvent les yeux en traversant le boulevard de la République. Au-dessus de leurs têtes, des milliers de feuilles suspendues prennent progressivement place entre les façades. Baptisé « ciel de rue », ce nouvel aménagement doit offrir davantage d’ombre aux promeneurs tout au long de l’été. Une réponse immédiate aux fortes chaleurs, mais aussi le premier acte d’une stratégie plus ambitieuse de transformation du centre-ville. « Nous avons un centre-ville piéton agréable, mais qui reste très minéral », résume Amanda Sanz, adjointe au maire chargée de la Transformation écologique. « Notre objectif est de lutter contre les îlots de chaleur urbains tout en améliorant le cadre de vie. »

Une solution d’urgence

Les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents et rendent les déplacements en centre-ville plus difficiles, au détriment des habitants comme des commerçants. Planter des arbres constitue évidemment la solution de long terme. Mais encore faut-il leur laisser le temps de grandir. « Faire pousser un arbre prend plusieurs années. Or nous n’avions pas ce temps-là. Dès notre arrivée, à la fin du mois de mars, nous nous sommes demandé comment agir rapidement. Ces ciels de rue constituent une mesure d’urgence en attendant la végétalisation durable du boulevard », explique l’élue.

Le dispositif se déploiera progressivement jusqu’à la fin de la semaine sur près de 262 mètres, entre la place des Laitiers et la place Castex. Au total, plus de 1 000 m² seront recouverts de ces voiles découpées en forme de feuilles, réparties en trois tronçons afin d’offrir une continuité ombragée sur l’ensemble du boulevard piéton.

Contrairement à une bâche classique, cette maille légère laisse circuler l’air. L’objectif n’est donc pas de faire baisser la température mesurée, mais d’améliorer le confort des piétons. « Sous ce ciel de rue, la température ressentie devrait diminuer de deux à quatre degrés. C’est l’ombre, associée à la circulation naturelle de l’air, qui crée cette sensation de fraîcheur », précise Amanda Sanz.

Des données pour mesurer l’efficacité

La Ville ne souhaite pas se limiter aux impressions des passants. Trois stations de mesure ont été installées afin d’évaluer scientifiquement l’impact du dispositif. L’une se trouve directement sous les ombrières, une autre à proximité du boulevard et une troisième, sur le parvis de la gare, servira de point de comparaison. Les capteurs enregistrent les températures toutes les douze minutes. « Nous voulons objectiver les résultats. Les données devront être analysées pendant plusieurs semaines avant d’en tirer des conclusions. » Les premiers retours des habitants semblent toutefois encourageants.

Dès le mois de septembre, un vaste travail de concertation sera engagé afin de bâtir un véritable schéma de végétalisation du centre-ville. Habitants, associations environnementales, spécialistes du Cerema et services municipaux seront associés à cette réflexion. « Il ne s’agit pas de dire que nous allons planter des milliers d’arbres partout. Certaines rues ne le permettent pas. Il faudra aussi travailler avec des arbustes, des plantes grimpantes, des lianes et surtout penser la végétalisation en lien avec la gestion de l’eau. Un arbre qui manque d’eau ne joue plus son rôle de climatiseur naturel. »

Les ombrières devraient rester en place jusqu’à la mi-septembre, avec la possibilité d’être prolongées les années suivantes, le temps que la végétalisation du boulevard produise pleinement ses effets.

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