Des remous dans l’entre-deux-tours, la majorité en difficulté

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C’est un véritable tsunami politique qu’a connu le Lot-et-Garonne, au soir du premier tour des élections législatives. Avec une abstention moins forte qu’attendue (5 points de moins que la moyenne nationale), le scrutin a accouché de deux triangulaires pour le second tour de ce dimanche. Les journées de lundi et mardi ont été des plus animées pour convaincre les candidats arrivés en troisième position de se retirer, afin de faire front face au Rassemblement national. Après avoir gagné les trois circonscriptions il y a cinq ans, le parti présidentiel est en bien mauvaise posture, face à la montée du RN qui s’impose de plus en plus comme le parti numéro 1 du département. Au score global, le mouvement de Marine Le Pen récolte 27,83 % des suffrages exprimés contre 25,37 % pour Ensemble et 25,12 % pour la NUPES. Olivier Damaisin est d’ores et déjà éliminé sur la circonscription de Villeneuve-sur-Lot alors qu’Alexandre Freschi est en ballottage défavorable sur Marmande. Seul Michel Lauzzana, à Agen, garde ses chances de conserver son siège.

Première circonscription (Agen-Nérac)

Michel Lauzzana en ballotage favorable

Michel Lauzzana résiste et est le seul candidat sortant de la majorité présidentielle, à virer en tête au premier tour de ces élections législatives. L’ancien maire de Bon-Encontre, investi par Ensemble, récolte 29,64% des suffrages exprimés. Il devance son premier poursuivant, Sébastien Delbosq (RN), de près de 800 voix. Arrivée en tête à Agen, Maryse Combres (NUPES) s’est placée troisième dans la circonscription. Malgré un faible réservoir de voix à gauche, la candidate écologiste a longtemps cru pouvoir se maintenir. C’était sans compter sur la pression de Sophie Borderie, présidente du Département ou encore de la section locale du Parti communiste qui l’ont forcé à se retirer pour faire barrage au RN. Une décision prise tard dans la journée de mardi, alors que le dépôt des candidatures était acté à minuit. Si les reports de voix à droite auront leur importance pour Lauzzana et Delbosq, ce retrait de Maryse Combres semble en mesure de donner un avantage décisif au député sortant. Le candidat Ensemble s’inquiète d’un « gros risque d’avoir trois députés RN dans le département. La circonscription doit avoir un député de la majorité pour faire avancer les dossiers du territoire. »

Deuxième circonscription (Marmande)

Le coup de force d’Hélène Laporte

Hélène Laporte confirme la dynamique du Rassemblement national sur la deuxième circonscription. La conseillère régionale et députée européenne vire largement en tête du premier tour avec un peu moins de 2 000 voix d’avance et semble en mesure de l’emporter. « La vraie dynamique est du côté des patriotes, ensemble transformons l’essai dimanche prochain. » Elle part favorite d’une triangulaire où elle affrontera le député sortant Alexandre Freschi, légèrement distancé par Christophe Courregelongue (NUPES). Conscient des fortes chances de victoire d’Hélène Laporte, le maire de Virazeil appelait le représentant de la majorité à se désister. « En 2017, j’ai publiquement affiché mon vote pour Emmanuel Macron malgré les divisions politiques. Alexandre Freschi doit se ressaisir et être davantage dans une logique républicaine, comme le proposent ses responsables politiques nationaux. Il vaux mieux que cela. Je l’exprime en toute sincérité malgré nos désaccords politiques. » Les injonctions nationales et le message de Stanislas Guérini pour féliciter Freschi d’un retrait inexistant, n’y ont rien fait. Le député sortant maintient sa candidature et fait appel « aux abstentionnistes, à ceux qui refusent les extrêmes et aux personnes lassées par les calculs politiques. Nos soutiens locaux et territoriaux sont bien plus puissants. »

Troisième circonscription (Villeneuve-sur-Lot)

Cousin ou Czapla pour succéder à Damaisin

L’élimination du député sortant Olivier Damaisin est la grosse surprise de ce premier tour des élections législatives en Lot-etGaronne. Avec un nombre important de candidatures dans la circonscription, il était mécaniquement très difficile pour le candidat arrivé en troisième position de pouvoir prétendre à une triangulaire et ce même avec une participation importante. Une situation qui profite à Annick Cousin (RN) et Xavier Czapla (NUPES). La conseillère régionale devance de près de 800 voix le candidat insoumis, arrivé en tête à Villeneuve-sur-Lot. L’issue du scrutin ce dimanche semble très incertaine et les reports de voix auront toute leur importance. Contre la France insoumise et le Rassemblement national qu’il qualifie « d’extrêmes », Olivier Damaisin a annoncé son intention de voter blanc. La conquête de ses 7 802 électeurs semble déterminante pour les deux candidats. Annick Cousin en appelait à « la mobilisation générale pour une députée qui vous défendra vraiment à l’Assemblée nationale face à la politique de déconstruction d’Emmanuel Macron. » A gauche, Yvon Ventadoux, maire de Pujols (EELV) et soutien de Xavier Czapla, appelait « Olivier (Damaisin), Jean-Louis (Costes) et les autres à se rassembler sur l’essentiel : la République et la démocratie » et ce malgré « bien des sujets qui nous séparent voire nous opposent. »

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