RN21 : ça coince encore pour la section Monbalen-Croix Blanche

Le Conseil national de protection de la nature a émis un avis défavorable pour les travaux d’aménagements de la RN21 sur la section dite « Monbalen – Croix-Blanche ».

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Les premiers coups de pelle entre Monbalen et La Croix-Blanche sur la RN21 sont encore loin. Un temps espéré pour cet été, le projet pourrait bien connaître un nouveau retard. Depuis dix ans et la première concertation publique, ce ne serait pas le premier contretemps. Cette fois-ci, c’est le Conseil national de protection de la nature (CNPN) qui s’en mêle. En avril dernier, il avait déjà émis un premier avis défavorable au lancement des travaux mais qui reste avant tout consultatif. De nouveaux éléments apportés au dossier n’ont pas fait leur eff et. « Le CNPN n’est toujours pas convaincu du caractère impératif et majeur de la création en tracé neuf de la sous-section 1 (ndlr, la création d’une 2×2 voies en dehors du tracé existant). » Deux explications principales sont données pour justifier cette décision. La première peut intervenir dans bien des projets : un risque majeur sur la biodiversité. La DREAL (Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) l’indiquait déjà il y a dix ans dans son dossier de concertation : « Des impacts sont à attendre sur le milieu naturel. L’enjeu est donc considéré comme fort sur la faune et la flore, et moyen sur l’habitat naturel. » De nombreuses espèces végétales et animales peuplent la zone, notamment des chauves-souris. Aujourd’hui, le CNPN juge que « le dossier minimise les risques de mortalité avec la faune en phase exploitation : les impacts résiduels sont toujours considérés comme faibles. Or, il est considéré que la mortalité en phase exploitation est de la responsabilité du maître d’ouvrage. »

La pertinence d’une 2×2 voies

La seconde raison expliquant l’avis défavorable du CNPN est encore plus problématique puisqu’elle est directement liée au projet de créer une portion de route à 2×2 voies. « Cette sous-section, et sa justification, ne satisfait pas aux exigences requises (évolution du trafic routier ancien, sécurisation du tracé existant, gain de temps réel). Il est intéressant de noter qu’un des arguments en sa faveur est son inscription dans un « ensemble global » (comprendre l’itinéraire Agen – Villeneuvesur-Lot), alors que ce projet d’ensemble ne fait pas l’objet d’une évaluation globale. Cette évaluation des impacts au coup par coup est nécessairement dégradée et ne permet pas d’apprécier à la bonne échelle les enjeux du projet. » Le CNPN va même plus loin en demandant « en miroir une solide argumentation » sur l’intérêt de construire cette nouvelle portion plutôt que d’aménager le tracé existant. Cette option n’avait pas été retenue à l’époque car elle impliquait notamment de détruire des bâtiments à proximité immédiate de la route. Porteurs de projets et collectivités concernés ont donc encore du travail pour convaincre de l’importance vitale d’engager les travaux sur cette section « Monbalen – Croix Blanche »

Un projet sur les rails depuis dix ans

La concertation publique pour la section « Monbalen – Croix Blanche » a été lancée en février 2012, en même temps que celle pour l’accès sud de Villeneuve-surLot, mis en service en 2019. Le projet de création de 2×2 voies a été déclaré d’utilité publique en mai 2015. Le montant des travaux était alors estimé à 36M€. Le contrat plan Etat-région 2021-2027 prévoit une participation de l’Etat français à hauteur de 60%, soit 21M€. Le Conseil départemental (9,3 M€), l’Agglomération d’Agen (4,1 M€) et celle du Grand Villeneuvois (0,9 M€) complètent la somme.

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