Budget primitif : des hausses et débats

Habituellement abordé au printemps, c'est au coeur de l'hiver que l'Agglomération d'Agen a tenu sa concertation sur le budget de l'année en cours. Un séquence où les hausses prévues ont animé les débats.

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En 2021, l’Agglomération d’Agen avait défini la trajectoire pour financer un programme d’investissement ambitieux dont le pic était prévu pour 2023. Le débat d’orientations pour le budget de cette année cruciale, tenu en décembre dernier, a depuis mis en lumière de nombreuses contraintes financières. L’Agglomération d’Agen va devoir relever des défis (transition et sobriété énergétique, plan lumière, réforme du schéma de collecte et traitement des déchets…) pour maintenir cette feuille de route dans une année « au plus fort de son investissement », selon son président Jean Dionis du Séjour. Les élus communautaires ont donc anticipé le vote du budget primitif 2023 à jeudi dernier, afin justement de déployer au plus vite les moyens financiers nécessaires à la bonne réalisation du plan pluriannuel d’investissement élaboré en début de mandat, avec la finalisation du projet de pont et de barreau de Camélat et qui rend ce budget hors normes. « En effet, il est exceptionnel qu’une communauté comme la nôtre porte un investissement de cette ampleur », confirme-t-il. Ce vote du budget primitif s’est opéré sans reprise des résultats de l’exercice 2022 (excédent de fonctionnement à reprendre estimé à environ 1M€ à ce jour). Ces derniers seront intégrés à l’occasion d’une décision modificative qui sera voté au mois de mai, une fois que le compte financier unique de 2022 sera bouclé. A noter toutefois que les prévisions budgétaires correspondantes sont donc basées sur des estimations.

Un budget « hors normes »

Bien évidemment, si l’Agglomération d’Agen atteint un tel seuil, c’est parce qu’une multitude de projets phares du mandat de Jean Dionis sont dans leur phase de réalisation. Porté par les 36M€ du chantier du pont et barreau de Camélat, le budget comprend aussi des tranches de 11M€ alloués au Plan lumière, mais aussi 8M€ pour la protection contre les crues et près de 7M€ pour la valorisation des déchets et la fin de la collecte en porte-à-porte. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, quant à elle, disparaît du budget primitif. « Des projets qui amènent à passer d’une dette de 111M€ à 140M€ en 2023. Un chiffre dû aux nombreux emprunts. Si ces chiffres nous posent une capacité de désendettement de 12,2 ans, ce n’est pas totalement la réalité, rappelle Clémence Brandolin-Robert, vce-pésidente de la communauté d’Agglomération d’Agen. Le désendettement s’élèvera 11,7 ans en reprenant les résultats du compte administratif. Ce n’est pas forcément réjouissant, mais on sera tout de même sous la barre des 12 ans. Sans Camélat, on serait à 7,8 années.»

Des élus en opposition

Les derniers chiffres énoncés n’ont pas tous connu un grand succès auprès des élus. Certains estiment que la volonté de l’Agglo de ne pas faire d’augmentation fiscale n’est pas adéquate au vu du désendettement prévu. « Je crois qu’il y a un vrai travail à faire sur la fiscalité locale. J’ai peur pour 2023. Les choses ne vont pas s’améliorer, on aura de nombreuses séquelles et des emprunts qui commencent déjà à dater de la période Covid. Soit on en prend conscience aujourd’hui, soit on fait l’impasse mais on va en subir les conséquences. Il nous faut voir s’il y a des marges de manœuvre », lance Joël Ponsolle, maire de Brax, au président de l’Agglo. Cette hausse, réclamée par l’élu braxois, passerait par une augmentation de les taux d’imposition sur les résidences secondaires, le foncier bâti et non bâti, ce à quoi l’assemblée communautaire ne s’est pas résolue. Aussi, comme attendue, la facture énergétique a coûté cher pour l’ensemble des collectivités, soit une hausse de 22%. En clair, pas de quoi rassurer les élus présents. Lors de ces deux heures de délibération, certains n’ont pas manqué de faire part de leur agacement, notamment sur le coût des fluides et la maintenance des bâtiments, dont l’enveloppe à plus d’un million d’euros n’a pas ravi l’opposition. Le débat sur la révolution des poubelles a aussi ponctué la délibération, chacun ajoutant son point de vue avant que Jean Dionis ne promette une clause de revoyure pour la fin de l’année afin de reconfigurer le dispositif si besoin.

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