La Ville d’Agen part à la recherche des seniors isolés

Dans sa volonté de renforcer le bien vieillir à Agen, la municipalité lance, avec le programme « Ninaa », un nouveau dispositif d'accompagnement et de surveillance des aînés de la ville.

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Déjà fortement engagée pour éviter les risques d’isolement chez les personnes âgées, la Ville d’Agen décide de passer la seconde. En France, plus de 550 000 personnes âgées vivraient isolées. Du côté de la préfecture du Lot-et-Garonne, près de 8000 personnes ont plus de 60 ans et plus de la moitié vivent seules. Le risque d’isolement, lui, accroît dès lors les 80 ans passés. « C’est en direction de ces personnes que nous renforçons notre politique qui n’est plus attentiste, mais qui promet d’aller vers les seniors concernés », affirme Baya Kherkhach, adjointe à la cohésion sociale et au CCAS.

Un dispositif testé

Dès le 20 mars, sera mis en place le plan Ninaa « Non à l’isolement de nos aînés agenais ». En réunissant un ensemble d’acteurs territoriaux, à savoir les services médico-sociaux de la ville, les bailleurs sociaux, administrations et associations, le dispositif est fort d’un cadre complet pour opérer. Ainsi, sur les quartiers Préfecture, Cathédrale, La Villette et Barleté Lagouflie, quatre jeunes en mission de service civique, accompagnés par des professionnels et bénévoles des quartiers en question, iront aux domiciles des personnes de plus de 80 ans, directement à leurs domiciles. Ces quartiers ont été sélectionnés pour leur forte population de seniors. Grâce à l’aide d’Agen Habitat et des représentants des conseils de quartier, des listes recensant les seniors des quatre zones en question sont ainsi constituées. « Il faut bien comprendre que ce sont des visites de courtoisie. Les binômes qui iront frapper à la porte des personnes âgées, seront là pour mieux repérer si elles semblent isolées ou non, et même en risque d’isolement », poursuit l’élue agenaise. De ce fait, plusieurs cas de figure entrent en jeu. Les seniors pourront alors accepter d’adhérer une offre de services mis en place par la Ville pour les aider. Le senior en question pourra aussi refuser l’aide apportée, mais se verra tout de même proposer une nouvelle visite dans les mois qui viennent, afin de veiller à ce que la situation n’évolue pas dans le mauvais sens. « Nos aînés sont libres de leur décision. On ne leur impose rien mais on propose simplement une aide », confirme Jean-François Serres, vice-président du service civique solidarité seniors. En cas d’alerte signalée par les binômes référents de chaque quartier pour l’état d’isolement avancé d’une personne, une assistante sociale interviendra.

L’élan citoyen

Pour l’instant, l’expérimentation a commencé à certains endroits, comme dans l’écoquartier La Vilette, où « les résidents nous accueillent avec joie et attendent nos prochaines visites avec impatience », précise la présidente du conseil de quartier Martine Cazals. Dans le futur, le dispositif sera étendu à l’ensemble des autres quartiers, « mais pas forcément sous la même forme à chaque fois. » A noter que selon l’élue, certaines communes de l’agglomération agenaise s’intéresseraient de près pour reprendre le concept. De plus, tous les citoyens agenais sont invités à prendre pleinement part au signalement des personnes en risque d’isolement. Un élan bénévole qui peut se traduire tout simplement par une prise de nouvelles régulières auprès de ses voisins. Un travail à toutes les échelles qui s’engage pour promouvoir le bien vieillir localement.

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