Sport : aux Jeux Olympiques, l’Agenais Alexandre Aygalenq « ne viserait rien d’autre qu’une médaille »

Actuellement en préparation sur la Base du Temple-sur-Lot avec l'équipe de France de basket 3x3, le natif d'Agen Alexandre Aygalenq se livre sur son parcours, sa discipline sportive qui gagne en notoriété ces dernières années et son objectif de qualification avec les Bleus pour les Jeux Olympiques de Paris.

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Quidam Hebdo : Pouvez-vous nous raconter ce parcours qui vous a mené jusqu’à l’équipe de France de basket 3×3 ?

Alexandre Aygalenq : Mon histoire avec le basket a commencé ici en Lot-et-Garonne et plus précisément à l’ABC (Agen Basket Club) quand j’avais six ans, puis je suis parti à Grandfonds et j’ai rapidement rejoint Tarbes pour jouer avec les U15 de l’équipe de France. Dans la continuité, j’ai fait mes années de centre de formation à Boulazac et c’est là que j’ai signé mon premier contrat professionnel. Pendant ces années, j’ai eu un passage à Chalon-sur-Saône mais c’est véritablement à Boulazac que j’ai pu jouer en première division française. J’y suis resté au total deux années et je suis parti à en Nationale 1 du côté de Toulouse. Entre-temps, j’ai été convoqué en équipe de France U23 et c’est là que j’ai découvert le 3×3. Cela m’a rapidement plu et en parallèle, on m’a fait savoir le projet de monter une équipe professionnelle, donc j’ai candidaté. Les enjeux me plaisaient : démarrer, se professionnaliser, faire découvrir le 3×3 au grand public tout en gardant en tête l’idée que la discipline était olympique et qu’il y avait une opportunité de jouer les Jeux avec les Bleus. Donc après des stages, j’ai finalement été sélectionné pour la première fois en 2022.

Q.H. : Quelles sont les spécificités du basket 3X3 et vos points forts en tant que joueur ?

A.A. : Comment le nom l’indique, c’est du trois contre trois mais avec un seul remplaçant. Les changements sont faits à chaque arrêt de jeu et le coach ne peut pas interagir avec les joueurs durant le match. Et le match en question dure 10 minutes sur un demi-terrain. C’est un sport vraiment basé sur l’intensité et la défense comme nous n’avons que 12 secondes pour tirer à chaque possession. On attend beaucoup de vitesse, de la polyvalence et de l’adaptabilité chez un joueur de 3×3. De mon côté, j’apporte beaucoup d’énergie sur le terrain. En match, je joue sur ma vitesse et mon intensité, après, mon jeu est plus axé sur le shoot classique (à 2 points), donc je suis assez dépendant du style de jeu de l’équipe et de ce que mes coéquipiers m’apportent sur le terrain pour me mettre en bonne position.

Q.H. : Au classement individuel, vous êtes le 74ème meilleur joueur au monde, quelle importance un joueur de 3X3 accorde-t-il à un classement individuel dans un sport collectif ?

A.A : Notre classement individuel, c’est vraiment une des particularités de ce sport. Il nous permet de véritablement « classer et grader » notre équipe pour se permettre de jouer des tournois intéressants. Personnellement, c’est surtout un challenge en plus dans ce sport : faire partie des meilleurs nationaux et internationaux en grimpant au classement, mais ce n’est pas le principal objectif.

Q.H. : Côté équipe de France de 3×3, l’équipe masculine dont vous faîtes partie n’est pas encore qualifiée pour les Jeux Olympiques de cet été, quelles sont les prochaines échéances pour y arriver ?

A.A. : La préparation physique c’est notre premier travail. Ensuite, on va arriver en février sur un stage où l’on va monter en intensité pour les tournois qualificatifs, mais avant ça, il y aura quelques compétitions pour se préparer en amont. Cela va être une grosse échéance pour l’ensemble de l’équipe, autant pour se montrer individuellement, que pour peaufiner notre plan de jeu. Le premier grand rendez-vous est au mois de mai avec le tournoi de qualification aux Jeux Olympiques à Utsunomiya (Japon) du 3 au 5 mai. Il y en aura par la suite un second à Debrecen (Hongrie) du 23 au 26 mai si l’on ne parvient pas à se qualifier dès le premier coup. Il sera important de réussir rapidement cette épreuve pour s’enlever cette petite pression et se focaliser sur les Jeux Olympiques.

Q.H. : En termes de niveau et de forme, où se situe l’équipe de France par rapport au reste du circuit mondial ?

A.A. : Je pense qu’on est aussi respecté que craint. Quand tout le monde est en forme et bien dans son basket, on fait clairement partie des meilleures équipes au monde. La preuve, c’est que l’équipe a décroché la médaille de bronze aux championnats du monde 2022 (lors de la dernière édition en 2023, les Bleus se sont arrêtés en quart de finale). Je n’ai pas d’inquiétude par rapport à notre niveau de jeu.

Q.H. : Des favoris se détachent-ils pour les Jeux ? A votre sens, que seriez-vous capable de viser si vous veniez à vous qualifier ?

A.A. : Le format est différent de ce que l’on vit d’habitude en tournoi classique. Aux JO, il y a seulement huit équipes, les huit meilleures nations mondiales de 3×3. Tout le monde y aura sa chance, ça va se jouer sur des détails mais si nous avons la chance d’y prendre part, ce sera pour le podium et rien d’autre. On ne peut pas viser autre chose qu’une médaille.

Q.H. : Y a-t-il un sentiment particulier à préparer actuellement ces grands moments au Temple-sur-Lot, dans votre Lot-et-Garonne natal ?

A.A. : On travaille sur cette grande échéance depuis un petit moment déjà. Pour le moment, je prépare ce rendez-vous sereinement. Je suis très concentré sur ce que je dois produire pour avoir une chance de faire partie de l’équipe. Mais il est certain que faire une partie de la préparation en Lot-et-Garonne, c’est une chance pour moi et mon histoire. Je reste attaché au département. On a de la chance de pouvoir profiter des infrastructures du Temple-sur-Lot.

Q.H. : Enfin, d’un point de vue personnel, qu’est-ce que cela vous ferait de participer aux Jeux Olympiques, en France qui plus est ?

A.A. : Personnellement, cela serait le meilleur moment de ma carrière. Les Jeux Olympiques, c’est quelque chose d’extraordinaire, donc je n’en garderai que de la fierté pour tout le travail que j’ai achevé depuis que je suis enfant. Je souhaite plus que jamais pouvoir participer à un événement comme celui-là.

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