Alain Soubiran : « On n’a jamais lâché Jérôme Cahuzac, même dans la tempête »

Ami et ancien adjoint du ministre déchu, Alain Soubiran participe avec d'autres fidèles au sein d'une association à la tentative de renaissance publique de Jérôme Cahuzac.

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Une réunion publique ce jeudi 4 avril à Pujols

L’association Les Amis de Jérôme Cahuzac, créée en septembre 2023, tiendra son assemblée générale ce jeudi 4 avril à la salle du Palay à Pujols à partir de 18h. Ce moment sera suivi d’une réunion publique animée par Jérôme Cahuzac lui-même au cours de laquelle il abordera divers sujets et répondra aux questions de l’assistance.

Quidam l’Hebdo : Vous êtes l’une des chevilles ouvrières de l’association les Amis de Jérôme Cahuzac. Est-ce que vous pouvez nous expliquer le fonctionnement et la vocation de cette entité ?

Alain Soubiran : Cette association a été créée le 18 septembre 2023. Elle est un peu particulière puisqu’elle n’a pas de président. Le comité exécutif est composé de cinq membres fondateurs, dont je fais partie en qualité de trésorier, et d’un conseil collégial qui compte douze personnes à ce jour. Dans nos statuts, l’objet est assez simple. Il s’agit d’engager des réflexions, des idées, des échanges et des propositions sur le développement économique, social, culturel et politique. Et ce à différents niveaux : la commune, la circonscription, le département et le pays. L’association est en mesure d’organiser différents types de manifestations publiques ou privées. Bien entendu, Jérôme Cahuzac en est lui-même adhérent.

Q. H. : Depuis quelques mois, vous occupez régulièrement le devant de la scène. Combien êtes-vous à ce jour à graviter autour de l’association ?

A. S. : Les Amis de Jérôme de Cahuzac comptent déjà 120 membres qui ont payé leur cotisation, auxquels il faut ajouter les très nombreux sympathisants. Très honnêtement, je n’ai jamais cessé de percevoir l’engouement pour Jérôme Cahuzac chez les habitants du territoire au cours de ces dernières années. Et cela s’est confirmé lorsqu’il a fait le marché de Villeneuve, celui de Monsempron-Libos ou la première réunion à Pujols devant 400 personnes. Sa popularité est indéniable.

Q. H. : Pourquoi selon vous ?

A. S. : Tout d’abord, avec les années, il n’a rien perdu de sa capacité d’analyse. Il est aussi à l’aise pour parler de sujets locaux, nationaux ou internationaux. Et c’est évident pour toutes celles et ceux qui l’ont côtoyé récemment. Pour ma part, je pense également que certains dossiers actuels manquent d’une personnalité forte.

Q. H. : Quels sont ces dossiers ?

A. S. : Ils sont connus de tous. Je pense par exemple à la RN21 qui n’avance pas, à l’hôpital et l’ancien site de Saint-Cyr, la Prison d’Eysses et pleins d’autres encore. Tous ces dossiers méritent d’être revus, travaillés, développés…

Q. H. : À titre personnel, vous n’avez jamais rompu les liens avec lui. Même lorsque vous étiez candidat à la mairie de Villeneuve-sur-Lot en 2020, vous vous inscriviez de manière assumée dans sa continuité…

A. S. : Jérôme Cahuzac est avant tout un ami, dont je n’ai jamais cessé de rester proche, à l’image des autres membres de l’association. On ne l’a jamais lâché, même dans la tempête. Par le passé, j’ai été son adjoint, d’abord aux Finances puis à l’Économie et au Commerce, avec d’autres missions comme la démographie médicale. De 1997 à 2012 (ndlr, Jérôme Cahuzac a été élu député de Lot-et-Garonne en 1997 puis maire de Villeneuve-sur-Lot en 2001), il a montré tout ce qu’il a pu engager sur le territoire. La preuve, notre équipe a été réélue en 2008 avec 60% des voix. Et j’ai effectivement souhaité poursuivre ces combats lorsque j’ai été candidat au Département en 2015 ou à la mairie en 2020.

Q. H. : Ce retour dans la lumière avec des sorties sur les marchés de la circonscription et des réunions publiques aux allures de meeting politique ressemble étrangement à un début de campagne électorale. Qu’en est-il vraiment ?

A. S. : Il ne vous aura pas échappé qu’il n’y a pas d’élection prévue prochainement. Actuellement, la seule ambition est de retrouver un territoire, des amis, et la liberté de s’exprimer sur un certain nombre de sujets. Nous sommes nombreux à vouloir partager tout cela avec lui. Après, seul l’avenir dira s’il participera à des élections ou pas. On peut tout imaginer mais aujourd’hui, rien n’est décidé. Si ça devait se concrétiser, ce serait précisé au moment opportun. Pour l’instant, il n’est pas question de cela.

Q. H. : Vous le suivriez s’il décidait de se lancer dans une nouvelle campagne ?

A. S. : Je n’en sais rien. Depuis 2020, j’ai un peu décroché de la vie politique locale. Je suis membre actif dans plusieurs associations villeneuvoises (Foyer des jeunes travailleurs, Régie de territoire de la Vallée du Lot, clubs sportifs) et je suis très bien comme ça. Mais cela ne m’empêche pas, en tant que citoyen ordinaire, de continuer à me passionner pour tous ces sujets.

Q. H. : Lorsque l’on parle de Jérôme Cahuzac, difficile de ne pas parler de ses précédents déboires. Ce passif n’est-il pas trop pénalisant pour un retour au premier plan ?

A. S. : L’affaire Cahuzac, c’est du passé. Certains médias aiment rappeler systématiquement cet épisode mais, à un moment donné, il faut savoir tourner la page. Jérôme Cahuzac est un homme libre, il a payé, il a autant de droits que ceux qui voudraient lui interdire de parler. Je ne vois pas au nom de quelle morale on pourrait l’empêcher de s’exprimer. Certains parlent d’exemplarité mais c’est quoi un élu exemplaire ? Vaste question. On a tous nos failles. Et dans le cas de Jérôme Cahuzac, je pense que sa capacité à rassembler et à œuvrer dépasse tout ceci. Il a incontestablement quelque chose à apporter.

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