« Le CJD, c’est une vraie boite à bijoux », interview croisée d’Aurélie Doumenc et Elodie Sauvage-Ferezin

Le CJD, Centre des Jeunes Dirigeants, a bien fait parler de lui ces derniers temps. En cause ? Une soirée prestige organisée à l’Agora et plébiscitée par le public avec comme invités Tony Parker, Clara Morgane et Maud Ankaoua. Une soirée prestige qui clôturait le mandat du président actuel, Antoine André, co-fondateur de Kokoji, avant qu’il ne passe le relais le 1er juillet prochain à Aurélie Doumenc (Nuage Sucré) et Elodie Sauvage-Ferezin (Le Hang’Art). Rencontre avec les deux futures co-présidentes de cette entité qui va de plus en plus faire parler d’elle.

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Quidam Hebdo : Vous êtes toutes deux dirigeantes d’entreprise. Pouvez-vous nous parler de votre arrivée au CJD ?

Aurélie Doumenc : Je suis à la tête de l’entreprise Nuage Sucré. J’ai un parcours très long qu’on va raccourcir (rires). J’ai fait des études de comptabilité qui ne m’ont jamais passionné, puis je suis partie faire le tour du monde qui m’a permis de voir que je voulais faire. Après mon retour, je me suis formée à la pâtisserie puis j’ai fait un deuxième tour du monde. Finalement, je suis revenue à Agen et j’ai fondé Nuage sucré en 2016. Aujourd’hui ça s’est agrandi, et je pense que c’est un peu grâce au CJD.

Elodie Sauvage-Ferezin : Pour ma part, je m’occupe du restaurant solidaire le Hang’art à Agen créé avec toute une équipe avec plus de 120 sociétaires… Du coup on pourrait presque dire qu’il s’agira d’une présidence de fins gourmets puisque nous sommes toutes deux dans les métiers de bouche (rires). J’ai lancé ce restaurant après ma thèse réalisée à la mairie d’Agen sur comment on pouvait permettre aux invisibles de participer aux prises de décisions. Je suis entrée au CJD la même année de l’ouverture du Hang’Art grâce à ma rencontre avec d’autres jeunes dirigeants (JD) qui me l’ont présenté comme un espace de formation, un espace pour mieux apprendre sur soi et mieux appréhender la fonction de dirigeant. Il faut le dire, on aura beau faire plein d’études, il y en a très peu qui préparent à la tenue d’une entreprise, avec des salariés, des défis qui sont quand même assez conséquents. Il faut le dire, quand on a des salariés on se sent responsable de famille aussi. Quand ça va tout le monde est content et quand il y a des soucis, c’est le chef d’entreprise qui le porte sur ses épaules. L’ancien président Stéphane Jach m’a fait découvrir le CJD en me disant « Viens, ce n’est pas justement un club d’entreprise où tu es là pour du business », même si c’est très important d’en avoir, mais à côté de ça, il n’y a pas beaucoup d’endroits où le chef d’entreprise peut parler de sa solitude, où il peut être encouragé, entouré par des personnes qui ont traversé les mêmes difficultés, de parler de ses besoins.

Q.H : Pour vous, que représente le CJD ?

A.D et E.S-F : C’est un vrai espace de qualité où on peut partager ce qu’on vit, nos valeurs, notre authenticité, notre envie de faire bouger les choses aussi bien dans son entreprise que dans le territoire, comme on l’a fait avec la soirée du mois de mars. Le but était de faire parler d’Agen qui n’est pas une petite ville et de faire rayonner la section du CJD et le territoire. C’est une vraie boîte à bijoux et avant la soirée, trop peu de monde connaissait cette boîte à bijoux. La soirée a permis de mettre en avant le CJD et de le faire connaître. On se rendait bien compte à Agen, dans des groupes de chefs d’entreprises hors CJD, que personne ne connaissait. Aujourd’hui, tout le monde nous dit « Ah oui c’était la super soirée ! ». C’est aussi une super boîte à outils pour mieux appréhender l’avenir de notre poste de chef d’entreprise. C’est riche d’enseignements et de diversités de profil : on peut avoir une boîte avec trois salariés comme 150. De même pour l’âge. On parle de jeune dirigeant mais c’est jeune dans l’esprit, on peut avoir cinquante ans et être un JD à vouloir faire bouger les lignes, changer, avancer…

A.D : Je suis au CJD depuis 5 ans et c’est toujours une évidence, quand on est au CJD on est juste là pour prendre des informations et se former au début puis, petit à petit on a aussi envie d’aider les JD qui rentrent et je pense que c’est la vie du JD est d’évoluer et prendre des fonctions. Pas forcément une présidence mais animer des commissions par exemple.

Q.H : Par quelles actions le CJD aide-t-il les chefs d’entreprise ?

A.D et E.S-F : Le CJD permet de soutenir les Jeunes Dirigeants d’abord grâce au groupe. Nous avons des réunions mensuelles Plénières réservées aux membres avec des intervenants qui traitent différentes thématiques : recrutement avec France Travail, sur les dépôts de bilans et procédures de sauvegarde avec un mandataire de justice mais aussi des thèmes plus légers avec « être aimant à succès » en avril, du coaching, comment aider les autres de la section, sur le bien-être des dirigeants, c’est un support de tout un tas de sujets. Ensuite, nous avons les commissions qui réunissent de 8 à 12 personnes tous les mois. On travaille sur nos boîtes, nos postures, nos réflexions. Le CJD apporte aussi de la formation avec son organisme Etape, adossé au CJD. Pour les dirigeants, cela permet de proposer des formations à l’échelle nationale. En plus d’être hyper pertinentes, elles sont présentées par des intervenants de haut niveau et permettent de prendre du recul par rapport à son entreprise.

Q.H : Qu’est-ce qu’ont en commun les membres du CJD ?

A.D. : Quand je vois CJD marqué dans mon agenda, je sais que je ne bougerai pas cette date. J’attends ces moments avec impatience car il s’agit d’une vraie bouffée d’oxygène. On y trouve toujours une oreille attentive quand on a un coup de mou et c’est une vraie boîte à outils. Je sais que quand j’ai un problème, je poste un message sur le groupe du CJD et on a des dizaines et des dizaines de réponses de partout. Tout le monde nous apporte des pistes de solutions et ensuite, on peut faire le travail pour mettre en place ces solutions. Pour du recrutement, du licenciement par exemple, ces moments qu’on subit et qui sont durs, cela nous permet de trouver des solutions pour que ce soit moins dur pour le salarié et le JD. C’est aussi un groupe où l’on prend soin les uns des autres. C’est une véritable école.

E.S-F : Il y a une posture d’humilité quand on fait partie du CJD. Tant qu’on en a l’envie, il y a toujours à apprendre des autres, on peut toujours faire encore mieux, se transformer soi et transformer le monde autour de soi. Socialement, l’image du patron est souvent négative et c’est loin d’être la réalité. Je crois que quand un dirigeant fait partie du CJD et qu’il a cette humilité, qu’il a des choses à apprendre, à apporter et qu’il le fait en action, ça change plein de choses. Le CJD anticipe sur plein de questions et veut y répondre de manière proactive : l’environnement, le changement des processus, la place du salariat, qualité de vie au travail. On a tous la volonté de faire avancer son entreprise.

Q.H : Quel sera votre rôle en tant que présidentes ?

A.D : Notre rôle sera d’être le Relais entre le national et la section. Nous devrons l’animer, faire en sorte qu’elle soit vivante. Que tout se passe au mieux et fédérer autour d’un projet commun, donner envie aux membres d’être là, et que chacun s’épanouisse et porte ce qu’il a à apporter. Le rôle que nous nous sommes donné c’est aussi de démarcher les institutions pour rayonner encore plus et se faire connaître. Que grâce à notre présidence, tout le monde entende parler du CJD.

EFS : Sur nos deux ans non renouvelables, l’enjeu qu’on s’est fixé, c’est aussi de proposer un projet qu’on va co-construire avec toute la section. Une création d’une feuille de route qui emmènera à une nouvelle soirée prestige en mars 2026 qui serait la cerise sur le gâteau.

Q.H : Vos noms ont été proposés par la quarantaine de membres du CJD. Quand on est reconnue par un organisme qui nous a apporté autant, cela doit faire plaisir.

A.D : On se sent flattées d’avoir été cooptées. Je ne m’attendais pas à ce que l’on vienne me chercher. On se dit que c’est cool, qu’on croit en nous. Que nous pouvons être le nouveau visage et la nouvelle énergie. Mais c’est une pression aussi. Il faut qu’on soit bon, toujours dynamiques, qu’on emmène des sujets qui parlent à tous et un regard nouveau.

EFS : Parmi les trois noms qui avaient été cooptés, on était d’accord dès le départ qu’il faudrait un binôme car il fallait deux énergies pour tenir le cap pendant deux ans, surtout dans une conjoncture délicate pour beaucoup d’entreprises pour lesquelles le CJD est aussi une solution.

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