Lot-et-Garonne : une révolution du transport d’urgence dans le Département

En Lot-et-Garonne, l'évolution des soins d'urgence prend un nouveau tournant. Grâce à une nouvelle réforme, axée principalement sur les transports d’urgence, on assiste à la redéfinition des contours de l'intervention médicale dans le département. Au cœur de cette transformation se trouve une collaboration tripartite entre le Service d'Aide Médicale Urgente (SAMU), les Services Départementaux d'Incendie et de Secours (SDIS), et les Transports Sanitaires Privés (TSP).

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En avril 2022, le décret n°2022-631 a marqué une étape significative dans l’évolution des soins d’urgence en Lot-et-Garonne. Cette réforme, initiée par la loi « Matras » du 25 novembre 2021, a remodelé les transports d’urgence, notamment en confiant aux agences régionales de santé (ARS) la définition de secteurs de garde coordonnés par l’association des transports sanitaires urgents la plus représentative du territoire.
Une des implications majeures de cette réforme est la possibilité, désormais offerte au Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU), de mobiliser les Transports Sanitaires Privés (TSP – ambulanciers privés) en journée. Cette mesure, qui élargit le champ d’action des TSP, vise à améliorer la disponibilité des services d’urgence tout au long de la journée, au lieu de se limiter aux plages horaires traditionnelles du soir, des week-ends et des jours fériés.
Pour assurer une mise en œuvre efficace de ce décret dans le département, une convention tripartite a été élaborée, réunissant le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS), le Centre Hospitalier Agen-Nérac (CHAN), et les Transports Sanitaires Privés. L’objectif de cette convention est de garantir une couverture optimale du territoire lot-et-garonnais en matière de secours et de soins d’urgence aux personnes, en optimisant la réponse aux demandes du SAMU dans le cadre des transports d’urgence. Cette collaboration renforcée entre les différents acteurs repose sur un mode de coopération efficient, sous l’autorité du médecin régulateur du SAMU. La convention acte également la mise en place d’un référentiel organisationnel spécifique aux secours et soins d’urgence, adapté aux besoins du territoire.

Des investissements innovants

Une des innovations majeures de cette collaboration est la mise en place de logigrammes communs de réponse aux appels d’urgence entre le SAMU et les sapeurs-pompiers, permettant une meilleure coordination des interventions. Cette approche innovante est rendue possible grâce à l’organisation novatrice du Centre de Traitement et de Régulation des Appels d’Urgence (CTRAU) du Lot-et-Garonne, qui assure un fonctionnement rationalisé des quelque 350 000 appels reçus annuellement.
Au-delà de l’aspect opérationnel, cette collaboration historique entre le SAMU et le SDIS est renforcée par une culture commune partagée depuis plus de vingt ans. Les particularités uniques du CTRAU, telles que la présence d’Assistants de Régulation Médicale (ARM) et de médecins régulateurs également sapeurs-pompiers
volontaires, contribuent à renforcer les échanges et la collaboration au quotidien.En parallèle, le SDIS de Lot-et-Garonne a investi dans des outils numériques innovants, tels que des tablettes directement connectées au SAMU, pour faciliter la réalisation des bilans victimes en temps réel, et prévoit de mettre en place des outils multiparamétriques pour réaliser des électrocardiogrammes transmissibles directement au médecin régulateur. Cette coopération étroite et ces investissements dans des technologies de pointe illustrent l’engagement des acteurs locaux à améliorer la qualité des soins d’urgence et à renforcer la sécurité des citoyens en Lot-et-Garonne.

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