35 ans après, les Huguets font toujours rayonner le Villeneuvois dans le cœur des touristes

L'emblématique maison d'hôtes poursuit son incroyable aventure dans la campagne villeneuvoise, grâce à l'énergie de ses fondateurs, Ward et Gerda Poppe.

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Dans le monde de l’hébergement touristique, il se murmure que l’espérance de vie moyenne d’un gîte ou d’une maison d’hôtes s’élève à plus ou moins 7 ans. Beaucoup de gens se laissent tenter mais les contraintes financières et le rythme de vie finissent par motiver un arrêt ou une cession d’activité. Ward et Gerda Poppe défient toutes les statistiques. Depuis plus de trois décennies, le couple donne vie aux Huguets, un établissement bien connu de la campagne villeneuvoise. Et l’aventure n’est pas près de s’arrêter, tant ils ont de la passion à partager.

De la terre à la pierre

L’histoire a commencé à l’aube des années 1990. Ward et Gerda tentaient de vivre de l’agriculture biologique dans leur Flandre natale. Leur exploitation laitière, pionnière à l’époque du point de vue de l’approche environnementale, subissait une concurrence « intensive » ne jouant pas vraiment avec les mêmes règles du jeu. « On a alors décidé de tout vendre pour s’installer en France. On y venait de temps en temps pour rendre visite à nos amis. On a cherché dans plusieurs régions mais nos regards se tournaient toujours vers le Sud-Ouest. L’accueil, le contact avec les gens, le charme du territoire… Et puis on a été guidés vers cette maison », racontent-ils, ne croyant pas le moins du monde au hasard. L’évidence immobilière en cachait une autre, celle d’investir toute leur vie dans le tourisme.

Des années à construire la maison du bonheur

Le lancement n’avait rien de facile avec quatre jeunes enfants dans les bras : Marieke, 8 ans, Reinhardt, 6 ans, Arthur, 3 ans et Kristian, à peine âgé de 6 mois. Au moment de prendre pour la première fois possession des lieux, la demeure des Huguets s’étalait sur une propriété de deux hectares. La bâtisse, elle, réclamait une belle rénovation afin d’accueillir ses premiers hôtes. Pas de quoi effrayer la famille, qui a parfois laissé ses propres chambres aux invités, se contentant de la caravane dans le jardin. Au fil du temps, de nouveaux chapitres se sont écrits et le livre s’est épaissi, entre les vieilles pierres et l’écrin de verdure. Les acquisitions ont permis d’agrandir le domaine jusqu’à atteindre les 35 hectares. « On tenait à garder la nature et le calme tout autour de nous », affirment-ils, nichés sur les hauteurs sud de Villeneuve-sur-Lot, avec une vue imprenable sur la vallée de Saint-Germain, traversée par le chemin de Compostelle. Ward et Gerda ont rouvert eux-mêmes des sentiers de randonnée, ils en ont créé d’autres de leurs mains… Tout ça dans un seul but : faire découvrir cette campagne qui les émerveille toujours autant.

« Pour nous, cela a toujours été bien plus que de l’hébergement, avec une simple remise de clés. On partage des moments de vie avec nos hôtes. On ne compte plus ceux qui sont devenus des amis. »

Ward et Gerda Poppe, gérants des Huguets 

Des moments de vie partagés

Pendant 35 ans, le couple a accueilli des centaines et des centaines de visiteurs. Beaucoup de Belges, forcément, mais également des Néerlandais, des Anglais… Et bien sûr des Français. « L’épisode Covid a eu l’effet de rapprocher une bonne partie de notre clientèle. On a de plus en plus de visiteurs qui viennent de la région bordelaise ou toulousaine », constatent-ils. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est leur manière de recevoir. « Pour nous, cela a toujours été bien plus que de l’hébergement, avec une simple remise de clés. On partage des moments de vie avec nos hôtes. On ne compte plus ceux qui sont devenus des amis au cours de cette expérience. Même leurs enfants reviennent à leur tour, en quête de joyeux souvenirs. » Seule la cuisine a ralenti pour se cantonner aux petits-déjeuners. « C’est énormément de travail, surtout à nos âges. Comme on a envie que ça dure le plus longtemps possible, on fait attention à ne pas se décourager », concèdent les pourtant fringants sexagénères.

Une oasis verte

Il faut dire que le soin qu’ils accordent à leur domaine mobilise déjà beaucoup d’énergie. « On retrouve un peu notre âme d’agriculteurs », sourient Ward et Gerda. Outre le très fertile potager bio, cela va sans dire, leur truffière constitue une vraie fierté. Les premiers plants, datant d’une petite quinzaine d’années, commencent à se montrer généreux, en attendant que les 700 autres arbres, un peu plus jeunes, arrivent à pleine maturité. Le tout sous le regard bienveillant d’un somptueux chêne pubescent, vieux d’un demi-millénaire. L’oasis verte des Huguets est une pépite parmi les pépites, selon les dires de ses propriétaires. « Chaque jour, on mesure à quel point nous avons la chance de vivre dans un endroit magnifique. À tel point qu’on a parfois l’impression d’être des ambassadeurs plus motivés que les habitants eux-mêmes pour faire connaître la beauté de la région. » L’enthousiasme des Poppe n’a rien perdu de sa vigueur.

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