Agen : le Bus du Cœur des Femmes a fait étape pour trois jours de prévention

Du 5 au 7 mai, le Bus du Cœur des Femmes s’est installé au cœur de la ville pour sensibiliser davantage aux maladies cardiovasculaires sous-diagnostiquées et permettre aux femmes un accès aux soins gratuit.

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«Au Gravier, nous accueillons bien plus qu’un bus, nous accueillons une démarche de justice sanitaire qui va profiter cette année à 5000 femmes dans 16 villes  », soulignait Laurent Bruneau, le maire d’Agen. Cette initiative portée par l’association « Agir pour le Cœur des Femmes » est essentielle car les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes en France. Pendant ces trois jours, « ce bus était le cœur battant de notre ville », qui offrait aux femmes un espace d’écoute, de dépistage et de prévention. L’élu rappelle également que « l’accès à la santé n’est pas un privilège, c’est un droit ».

Un dispositif concret face aux inégalités d’accès aux soins

Portée par de nombreux acteurs, l’initiative repose sur une organisation structurée mobilisant médecins, sages-femmes et infirmières. Pour Olivier Grima, président de l’Agglomération, il s’agit « d’une initiative ambitieuse et concrète » qui permettait de « proposer un dépistage gratuit, structuré et accessible ». Un dispositif d’autant plus nécessaire quand « plus de 13 % des habitants de plus de 17 ans sont aujourd’hui sans médecin traitant », ajoute-il. Sur cette étape du bus, « 300 femmes ont été accueillies et l’ensemble des créneaux étaient d’ores et déjà complets. Un constat qui témoigne à la fois de la pertinence du dispositif et de l’importance des besoins ».

Claire Mounier-Vehier, co-fondatrice de l’association Agir pour le Cœur des Femmes et professeure de cardiologie, affirme : « Nous avons déjà dépisté un peu plus de 22 000 femmes en cinq ans », témoignant de l’ampleur de cette initiative auprès des femmes du territoire.

Une urgence de santé publique encore sous-estimée

Thierry Drilhon, Isabelle Van Rycke, Laurent Bruneau, Claire Mounier-Vehier, Olivier Grima, les bénévoles et patientes réunis pour ce projet

Pour les co-fondateurs du projet, Claire Mounier-Vehier et Thierry Drilhon, l’enjeu est avant tout sanitaire. Thierry Drilhon souligne l’importance de ce dispositif : « Nous avons ce sentiment très intime d’être terriblement utiles ». Il insiste également sur l’ampleur du phénomène : « Pourquoi tout cela ? Parce que nous sommes en présence d’une urgence ». Les chiffres sont parlants : « 2 femmes décèdent chaque jour d’un accident de la route, 33 d’un cancer du sein et 200, soit six fois plus, d’une maladie cardiovasculaire ». Il ajoute ensuite : « une femme décéde d’une maladie cardiovasculaire toutes les 7 minutes ». Malgré ce constat alarmant, le co-fondateur à fait part d’un message d’espoir : « Dans 8 cas sur 10, nous pouvons éviter à ces femmes de rentrer dans la maladie par de la prévention positive, efficace et bienveillante ». Pourtant, il déclare que « 82 % des femmes ne s’occupaient pas de leur santé, mais de celle des autres ».

Une analyse partagée par Isabelle Van Rycke, présidente d’UPSA, qui as rappelé que « la santé des femmes ne peut pas être fragmentée, elle devait être globale, comprise et accompagnée ». Selon elle, le Bus du Cœur des femmes permet de transformer une prise de conscience en action et s’inscrit dans une responsabilité collective. « En tant que femme dirigeante, je suis convaincue que nous avons une responsabilité : celle d’agir pour les femmes, de rendre visible ce qui ne l’était pas assez, de contribuer à notre niveau à améliorer la santé et le bien-être de toutes les femmes », ajoute-elle.

Des expériences qui parlent d’elles-mêmes

Au-delà des chiffres, les témoignages rappellent la réalité vécue par de nombreuses femmes. Emmanuelle Capo-Vigier, maire de Sauveterre-la-Lémance et enseignante, témoigne de son expérience à cette occasion. « Le 4 septembre 2024, j’ai fait un infarctus. Je pensais sincèrement que je n’avais rien de grave. J’étais tellement dans le déni qu’il m’a fallu quatre médecins pour que j’entende enfin qu’il fallait que j’aille aux urgences. » Aujourd’hui, elle insiste sur l’importance de la prévention autour de ces maladies chroniques et appelle à la vigilance : «Soyez attentifs aux femmes qui vous entourent ». Son message résonne avec celui de l’ensemble des intervenants : « On doit l’entendre ce Bus du Cœur, on doit le voir ». 

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