INTERVIEW. Pour Bruno Dubos, nouveau président d’Agen Habitat, « l’office doit devenir pleinement le bailleur des 44 communes de l’Agglomération »

Élu à l’unanimité le 20 mai à la présidence d’Agen Habitat, Bruno Dubos entend inscrire son mandat dans la continuité du travail engagé par le directeur général Jean Bizet. Avec l'ambition de renforcer la présence du bailleur social sur l’ensemble des 44 communes de l’Agglomération d’Agen.

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Quidam Actu : Vous venez d’être élu président d’Agen Habitat. Comment s’est déroulée cette désignation et quel est votre sentiment vis-à-vis de cette nouvelle casquette ?

Bruno Dubos : Le conseil d’administration s’est réuni le 20 mai pour installer la nouvelle gouvernance issue des dernières élections communautaires. J’ai été élu président à l’unanimité. Je siège au conseil d’administration d’Agen Habitat depuis douze ans et, en tant que maire de Foulayronnes et vice-président de l’Agglomération d’Agen en charge de l’habitat et du logement social depuis 2014, cela s’est fait dans une certaine logique de continuité.

Je ressens beaucoup de fierté, mais surtout un sentiment de responsabilité. Agen Habitat est un bailleur social de proximité. Ce n’est pas une proximité de façade. Lorsqu’un locataire rencontre une difficulté, il y a toujours eu une volonté de dialogue et de recherche de solutions. Jean Bizet a largement contribué à insuffler cet état d’esprit au sein de l’office et je tiens à saluer le travail accompli par lui et ses équipes.

Q.A. : Vous parlez beaucoup de continuité. Il n’y aura donc pas de rupture avec ce qui a été produit ces dernières années ?

B.D. : Non, clairement. Nous partageons les mêmes valeurs de service public, de proximité et de qualité du service rendu. L’idée est de poursuivre le travail engagé tout en donnant une nouvelle impulsion. Agen Habitat a vocation à être le bailleur social de toute l’agglomération, pas uniquement celui de la ville d’Agen.

Q.A. : Comment décririez-vous cette nouvelle étape pour Agen Habitat ?

Jean Bizet : C’est une nouvelle page qui s’ouvre. Pendant longtemps, Agen Habitat a naturellement été identifié à la ville d’Agen. Désormais, avec un président maire d’une commune de l’agglomération et une vice-présidente (Ndlr : Cécile Genovesio, maire de Saint-Caprais-de-Lerm) issue d’une commune rurale, on parle davantage à la diversité du territoire. Il faut respecter l’histoire de l’office et continuer à prendre soin des 3 000 logements existants, dont la majorité se situe à Agen, mais aussi aller plus loin dans l’accompagnement des communes alentour.

Q.A. : Justement, cette volonté d’ouverture vers les communes de l’Agglomération semble être un axe fort de votre mandat…

B.D. : Oui, c’est essentiel. Aujourd’hui, nous sommes présents sur huit communes de l’intercommunalité et nous souhaitons accompagner davantage de territoires, y compris les communes rurales. Le logement social ne concerne pas seulement les villes soumises à la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain). Dans des communes plus petites, construire quelques logements peut permettre de maintenir une école, soutenir des commerces de proximité ou attirer de nouveaux habitants. C’est aussi un outil d’aménagement du territoire.

Historiquement, Agen Habitat était avant tout le bailleur de la ville d’Agen. Le rattachement à l’agglomération date de 2007, ce qui reste récent à l’échelle d’un office qui a plus de cent ans d’existence. Aujourd’hui, nous voulons pleinement assumer cette dimension territoriale.

Q.A. : Quels seront les premiers objectifs de cette nouvelle gouvernance ?

B.D. : D’abord aller à la rencontre des nouveaux maires élus de l’Agglomération. Beaucoup viennent d’arriver et il est important qu’ils sachent qu’ils peuvent s’appuyer sur Agen Habitat pour porter leurs projets. Ensuite, nous voulons poursuivre la rénovation du patrimoine existant, développer de nouvelles opérations et répondre à des besoins spécifiques : habitat inclusif, logements pour les jeunes, solutions adaptées au vieillissement de la population ou encore hébergement pour les travailleurs qui peinent à se loger.

Q.A. : Plusieurs projets sont déjà dans les cartons ?

J.B. : Oui. Nous allons livrer deux programmes à Agen : une résidence inclusive et un projet de petits logements destinés notamment aux jeunes. Nous livrons également un programme de sept logements à Lafox, une commune où nous n’étions pas présents jusqu’ici. D’autres projets sont à l’étude à Astaffort, Pont-du-Casse ou encore Foulayronnes.

Q.A. : La situation financière de l’office a parfois fait débat ces dernières années. Où en est Agen Habitat aujourd’hui ?

B.D. : Beaucoup de choses ont été dites, parfois à tort. Aujourd’hui, les chiffres sont rassurants. L’office affiche près de 5 millions d’euros de résultats et tous les indicateurs sont au vert. Il y a eu un important travail d’anticipation et de gestion réalisé par Jean Bizet et les équipes dans un contexte national pourtant compliqué pour les bailleurs sociaux.

J.B. : Le contexte a effectivement été difficile, avec la hausse des coûts de construction, l’évolution des taux d’emprunt ou encore certaines pertes de recettes fiscales (Ndlr : notamment la fin du bail emphytéotique avec l’ENAP). Mais nous avons pris des décisions de gestion importantes ces dernières années pour redresser la trajectoire financière. Aujourd’hui, la situation est saine jusqu’en 2031-2032. Cela nous permet d’aborder l’avenir avec de la visibilité.

Q.A. : Quel sera finalement le fil conducteur de ce mandat ?

B.D. : Préserver ce qui fait l’identité d’Agen Habitat : la proximité. Être au plus près des locataires, des maires et des besoins du territoire. Nous voulons un office accessible, réactif et capable d’accompagner les évolutions démographiques et sociales de l’agglomération. C’est cette ligne que nous allons suivre.

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