Santé en Lot-et-Garonne : une nouvelle approche pour mieux anticiper les besoins de la population

Le Centre hospitalier Agen-Nérac et la CPTS du Grand Agenais lancent une démarche de « responsabilité populationnelle ». Une méthode qui vise à mieux prévenir les maladies et coordonner les parcours, expérimentée dans un premier temps autour du diabète.

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Et si l’organisation des soins pouvait commencer avant même que le patient ne franchisse la porte de l’hôpital ? C’est tout le principe de la responsabilité populationnelle, une approche qui place les besoins d’une population donnée au centre de l’organisation du système de santé.

Lancée officiellement mardi 22 septembre au Passage d’Agen, la démarche associe le Centre hospitalier Agen-Nérac (CHAN), la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) du Grand Agenais et la Fédération hospitalière de France (FHF). Pour cette dernière, l’enjeu est de faire évoluer une logique essentiellement réactive (intervenir lorsque la maladie est installée) vers une organisation davantage tournée vers la prévention et l’anticipation.

« L’idée est de connaître sa population, d’identifier ses besoins et de construire avec l’ensemble des acteurs les réponses les plus adaptées », a expliqué Antoine Malone, responsable du pôle prospective Europe et international de la FHF. Concrètement, il ne s’agit donc pas de créer un nouveau parcours de soins supplémentaire, mais de mieux articuler ceux qui existent et de faire travailler ensemble les différents professionnels. Hôpital, médecins libéraux, professionnels paramédicaux, acteurs sociaux, collectivités, structures de coordination et patients sont appelés à participer à cette organisation.

Quatre objectifs pour un même parcours

« Il faut réussir à faire travailler ensemble des acteurs qui ont parfois des approches différentes, mais qui poursuivent finalement le même objectif : améliorer la santé de la population », souligne le directeur général du CHAN Jean-François Vinet. On parle ici notamment de limiter les ruptures dans les parcours et les hospitalisations qui pourraient être évitées, tout en réduisant la charge liée à une mauvaise coordination entre les différents intervenants.

La démarche n’est pas totalement nouvelle en France. Elle a été lancée en 2019 dans cinq territoires pilotes. Depuis, elle s’est étendue à 21 groupements hospitaliers de territoire et plus de 50 CPTS, selon les chiffres présentés par la FHF. 

Pourquoi commencer par le diabète ?

Sur le territoire agenais, cette nouvelle organisation va d’abord être appliquée à la problématique du diabète de type 2. Le choix répond en réalité à un enjeu de santé publique local. « Entre 21 500 et 23 000 personnes sont traitées pour un diabète en Lot-et-Garonne. Le diabète de type 2 représente environ 92 % des cas », nous est-il détaillé. Le département affiche par ailleurs une prévalence brute comprise entre 6,8 et 7,1 %, légèrement supérieure à la moyenne nationale. « Le diabète est une pathologie sur laquelle nous pouvons agir à plusieurs niveaux, bien avant l’apparition des complications », assure le Dr Bénédicte Fremy, endocrinologue au CHAN.

Le projet agenais est déjà engagé depuis plusieurs mois. Le CHAN et la CPTS du Grand Agenais ont constitué un comité de pilotage en mars 2025. Ses membres ont ensuite été formés à la méthodologie de la FHF en mars 2026. La prochaine étape sera celle des réunions cliniques, dont la première est prévue le 14 octobre.

Le dispositif prévoit notamment de repérer non seulement les patients déjà connus des professionnels de santé, mais aussi des personnes à risque qui ne sont pas encore accompagnées. Leur participation reposera ensuite sur leur adhésion ou leur non-opposition au programme.

Le Grand Agenais constitue donc un premier terrain d’expérimentation. Si la méthode fait ses preuves, elle pourrait être progressivement étendue à d’autres territoires du Lot-et-Garonne, notamment Villeneuve-sur-Lot et Marmande, puis à d’autres filières de santé.

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