Incendie de la rue Garonne à Agen : le chantier de démolition stoppé dans son élan

À peine commencé, le déblaiement des immeubles sinistrés de la rue Garonne est déjà compromis. Une action en justice engagée par un des propriétaires remet en question la suite des opérations.

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L’espoir aura été de courte durée rue Garonne. Mercredi 14 octobre, les premières pelleteuses sont arrivées pour engager le déblaiement des bâtiments touchés par l’incendie du 29 juillet. Après plusieurs semaines de discussions, un accord avait enfin été trouvé entre les assureurs des propriétaires et la Ville pour accélérer les opérations. Mais le soir même, un nouveau rebondissement est venu assombrir les perspectives.

« Finalement, hier soir, on a reçu un mail qui nous informait qu’une action en justice avait été engagée par le propriétaire du 18 », explique Laurent Bruneau dans une vidéo publiée sur les réseaux de la Ville hier. Cette procédure vise à rechercher l’origine du sinistre, alors qu’une expertise amiable avait déjà été organisée sur place début septembre, avec l’ensemble des parties concernées. « C’est son droit. En revanche, ce que moi je regrette pour la ville, c’est qu’il le fasse aussi tard », poursuit le maire. « Il aurait pu engager cette procédure il y a deux mois. Cette procédure aurait été terminée. Il l’engage maintenant. »

Un accord trouvé, puis un coup d’arrêt

Depuis l’incendie qui a ravagé un îlot d’immeubles du centre-ville le 29 juillet, la municipalité cherche à sécuriser le secteur et à permettre aux habitants de retrouver leurs logements. Une décision de justice avait été obtenue pour démolir les immeubles des numéros 14 et 16, qui menacent de s’effondrer.

Dans la foulée, les assureurs des propriétaires avaient proposé de coordonner leurs interventions pour aller plus vite. « Vous allez détruire vos deux immeubles, nous, on a la volonté de faire plus vite ensemble et de tout détruire, de tout détruire et de tout déblayer », rapporte Laurent Bruneau, résumant leur proposition. La Ville a alors participé aux discussions entre les assureurs, chargés de trouver un équilibre entre les différentes parcelles. L’accord finalement trouvé avait permis d’envisager un démarrage du chantier. Mercredi, les engins ont ainsi commencé à dégager les gravats au numéro 24. Mais l’action judiciaire annoncée dans la soirée bouleverse la suite du programme. « Concrètement, ça veut dire que le chantier va s’arrêter », résume Laurent Bruneau.

« Ils n’ont plus de perspectives »

Derrière ce contretemps administratif et judiciaire, ce sont surtout les habitants qui restent suspendus à l’évolution du dossier. Au numéro 12, le retour chez eux demeure impossible tant que les immeubles dangereux n’ont pas été démolis et que les conditions de sécurité ne sont pas réunies. L’élu insiste : « Ils avaient besoin de perspectives et hélas, compte tenu de cette initiative du propriétaire du numéro 18, ils n’ont plus de perspectives et je pense vraiment à eux ce matin. »

Depuis début septembre, la municipalité affirme pourtant avoir travaillé à améliorer les conditions de vie des habitants encore concernés. Des passages sécurisés ont notamment été aménagés sur le côté impair de la rue Garonne afin de leur permettre de rentrer chez eux. Pour la suite, l’incertitude demeure. Une échéance judiciaire prévue lundi 19 octobre doit permettre d’obtenir des indications sur les délais liés à la procédure et à l’expertise demandée. En attendant, le calendrier de démolition reste fragilisé.

Malgré ce nouveau coup d’arrêt, la Ville maintient le rendez-vous prévu pour saluer les sapeurs-pompiers intervenus lors de l’incendie de cet été. La cérémonie se tiendra ce vendredi 16 octobre à 18 h 30, place Esquirol, devant la mairie. L’hommage doit également rappeler leur mobilisation durant l’été, notamment face aux incendies dans les Landes et en Gironde.

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