
Le 8 mars marquait la journée internationale des droits de la femme. Un moment que le Conseil départemental a voulu célébrer en réunissant des cheffes d’entreprise qui participent à l’activité de notre territoire et à son rayonnement. La présidente de la collectivité, Sophie Borderie, est l’un des exemples symboliques de gouvernance publique où les femmes sont encore trop peu représentées : à peine 20% des postes pourvus. Dans le privé, ce n’est pas vraiment mieux à l’exception de certaines professions libérales.
Un grand nombre de parcours forcent pourtant le respect. Afin d’inspirer de nouvelles générations à « oser, se faire confiance, aller au bout de ses rêves », leur mise en lumière était donc plus que nécessaire. Cette réunion proposée le jeudi 5 mars à l’Agropole fut jalonnée de prises de parole et de témoignages devant une assistance composée majoritairement… de femmes. À l’exception d’une petite poignée d’élus et d’un haut-fonctionnaire d’État, on peut regretter le faible nombre d’hommes présents pour écouter ces discours inspirants.
Des obstacles à lever

Mais qu’importe, les stars du jour ont pu retracer leur parcours, leurs réussites ainsi que les obstacles rencontrés, quelques-uns d’entre eux n’étant pas étrangers à certaines formes de sexisme ou d’inégalité, d’autres étant l’apanage de tout patron de sa propre affaire. « Il est hors de question d’opposer les sexes », rappelle Marylène Paillarès
vice-présidente départementale en charge notamment de l’égalité femme-homme et de la lutte contre les discriminations, et cheffe d’orchestre de l’évènement. Les propos de Dorinne Capelle, gérante de la distillerie Pargade à Ambrus et exploitante agricole, vont dans ce sens. « Je n’ai pas vraiment un gabarit adapté au monde agricole. Je pensais pouvoir tout faire toute seule. Je me suis finalement rendue compte que ce n’était pas possible. Et mine de rien, ce sont principalement des hommes qui sont venus m’aider. Je constate un changement de mentalité. Chez les jeunes agriculteurs, le rapport avec les femmes a évolué dans le bon sens. On a une belle complémentarité », explique la jeune femme. Néanmoins, la réussite de son business, à savoir la culture et la distillation de plantes pour créer des huiles essentielles et des hydrolats bio, ne tient qu’à elle et ses mérites. Pour d’autres consœurs, la perception n’est pas identique. « Quand j’ai racheté la distillerie à Bazens (ndlr, les Vergers de Tito), j’ai débarqué dans un monde très masculin. J’ai un peu joué de ma supposée faiblesse féminine pour me faire aider. Quand il s’agit d’être maternée, pas de problème », ironise avec le sourire Stéphanie Cauty, dont les eaux-de-vie, apéritifs et autres gin font sa fierté. Même son de cloche pour Élodie Sauvage-Férezin, à la tête du restaurant solidaire le Hang’Art : « Il existe encore des hommes qui refusent d’être managés par une femme. Demain, ce sera sûrement normal mais le chemin à parcourir reste long. La femme entrepreneuse doit sans cesse prouver qu’elle est à sa place », déplore-t-elle.
Des réussites spectaculaires
Ce qui compte in fine, ce sont les belles histoires. Et le Lot-et-Garonne n’en manque pas. Alexandra Frégonèse, créatrice de Süvy avec son laboratoire Innovi, explose toutes les barrières. Nathalie Barrère, à la tête des Perles de Gascogne, se défend aussi sur les scènes nationale et internationale avec ses huiles médaillées à maintes reprises dans des concours prestigieux. En reprenant Albatros, Claire Le Fur dirige pour sa part une équipe de 110 salariés. Sans oublier l’une des pionnières, Elsa Gary, dont l’œuvre créative se poursuit jusqu’au Japon, avec ses filles Alexandra et Mélanie. D’autres entrepreneuses de talent rayonnent : Carine Péchavy (Maison Péchavy), Anne-Hélène Vialaneix (Grand Nez Spirits), Samia El Kadi (Cocon Cosmétiques), Carole Capès-Montigny (Eggstra), Agnès Courtade (Prukibio), Amandine Lavigne (Les Simonettes)… Leurs portraits respectifs sont d’ailleurs à retrouver dans le tome « Cheffes d’entreprise », de la collection « Femmes lot-et-garonnaises », éditée par le Conseil départemental après avoir consacré des ouvrages aux citoyennes engagées, aux artistes, aux sportives, aux femmes de lettres ainsi qu’à celles qui exercent « des métiers d’hommes ». Ce même CD47 qui soutient la cause féminine par des subventions associatives, des appels à projets, des actions de sensibilisation…





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