
C’était la confrontation attendue. Après des mois de campagne pour présenter une démarche, une méthode, un programme et une équipe, tous les aspirants au trône municipal villeneuvois ont enfin partagé la même table. Stéphane Boukhari, Thomas Bouyssonnie, Geoffroy Gary et Guillaume Lepers se sont confrontés à la presse mais aussi et surtout entre eux, dans une Maison de la vie associative qui accueillait plus d’une centaine de spectateurs. Tous ont eu l’opportunité de s’exprimer individuellement pendant environ 17 minutes en cumulant les différentes interventions. La structure du débat a commencé avec une question à chacun posée par les trois journalistes présents : Pierre-Antony Épinette de Radio 4 (média organisateur), Julien Pellicier de Sud-Ouest ainsi que votre serviteur. Les candidats ont, après cette entrée en matière, été invités à aborder cinq grands thèmes : la santé, l’attractivité, la sécurité/propreté, l’aménagement de la ville et enfin l’avenir du bâtiment de Saint-Cyr. Ils se sont ensuite mutuellement interrogés selon un tirage au sort avant de terminer par une carte blanche.
Des candidats fidèles à leur campagne
À dix jours du premier tour, ce rendez-vous en public a permis de faire une synthèse des propositions politiques villeneuvoises pour ce scrutin 2026, pas entaché, cette fois, d’une crise sanitaire. Chacun pourra se faire une opinion des différentes prestations délivrées. Qui a été bon ? Qui ne l’a pas été ? Qui s’est révélé ? Qui a confirmé ? Au-delà de toute considération sur la qualité des discours tenus, le tempérament et l’approche de chaque tête de liste sont restés fidèles à ce que l’on a pu observer au cours des derniers mois.

En dehors de quelques piques, le ton est toujours resté courtois et globalement sage. Les saillies de l’époque « Villeneuve-sur-Vote » semblent bien loin. Les amateurs de croustillant le déploreront peut-être. D’autres se réjouiront que le débat n’ait pas viré « au sale » comme on a pu le voir dans d’autres communes avec des lettres anonymes, des menaces ou bien des affiches clandestines pour le moins déplacées.
Second bloc // Quelle stratégie pour les candidats ?
Résumer un peu plus de 90 minutes d’échange n’est pas un exercice facile, d’autant plus lorsqu’on ne souhaite pas influencer l’appréciation des citoyens. On peut tout de même relever quelques éléments d’analyse.
Guillaume Lepers //
Guillaume Lepers s’est par exemple tenu à son rôle d’élu sortant, celui de député mais aussi celui de maire et président de la CAGV qu’il fut entre 2020 et 2024, s’appuyant ainsi beaucoup sur son bilan et sur des mesures récentes et donc déjà lancées dont il espère voir rapidement les premiers effets. Il a opté pour un débit rapide et une synthèse extrême afin de placer un maximum d’éléments, pour ne pas dire un inventaire, dans le temps imparti. L’objectif était clair : montrer que la gouvernance municipale a agi, selon lui, positivement sur tous les fronts.
Geoffroy Gary //
Geoffroy Gary s’est quant à lui plus étendu au point de prendre très rapidement de l’avance sur le chronomètre. Véloce et prêt à sauter sur la moindre occasion de contredire ses adversaires sans attendre son tour, il a usé d’une bonne partie de son temps de parole pour dénoncer le bilan, la vision « catastrophique » et les « incantations » du sortant. L’enseignant en sciences a beaucoup parlé de chiffres jugés « accablants ». Son positionnement a été de se présenter comme la seule alternative de rupture et de redressement.
Stéphane Boukhari //
Stéphane Boukhari a lui aussi été critique vis-à-vis de la ville « des Pères Noël » et a ironisé sur un Guillaume Lepers qui « va [le] faire pleurer » lorsqu’il parle du regard des enfants émerveillés. Néophyte dans cet exercice du débat, le chirurgien-dentiste a d’abord limité la durée de ses interventions avant de rattraper son retard progressivement. À plusieurs reprises, il a insisté sur la démarche participative, en n’arrêtant pas dès maintenant certains projets afin de mieux les soumettre ensuite aux Villeneuvois et de connaître « l’état réel des finances de la ville ».
Thomas Bouyssonnie //
Le principal opposant de la majorité a opté pour une stratégie légèrement différente. Peut-être un peu plus que ses camarades outsiders, le représentant de la gauche s’est efforcé de rattacher chaque thématique à son programme de façon à présenter « un autre chemin ». En conséquence, certaines attaques sont restées dans le domaine du sous-entendu, quitte à paraître moins offensif vis-à-vis de Guillaume Lepers, à qui il a tout de même rendu quelques coups.





Laisser un commentaire