Une nouvelle dynamique pour la Biscuiterie agenaise

La Biscuiterie agenaise prend la suite de la Biscuiterie d’Agen. Un nouveau patron certes, mais des recettes inchangées entre pain azyme et biscuits garantis 100 % cacher. Stéphane Chezal souhaite cependant impulser une nouvelle dynamique.

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C’est une usine historique sur Agen. Après la Biscuiterie Maury, la Biscuiterie d’Agen, créée par la famille Bitone, avait pris la suite dans ces locaux de l’avenue Michelet, spécialisée dans la fabrication de biscuits cacher et de pain azyme, cuisiné durant la fête de Pessa’h à la pâque juive. Cette dernière vient de changer de mains. Désormais, il faudra l’appeler Biscuiterie agenaise. Un changement de nom anecdotique, et pour cause, le nouveau propriétaire l’assure, rien ne bougera dans les recettes et les méthodes de production. Stéphane Chezal est officiellement aux commandes de l’entreprise depuis quelques mois. Pour en arriver là, le chemin a été semé d’embûches, preuve que cet entrepreneur est d’une détermination sans faille… sur le papier, rien n’aurait laissé présager qu’il se tiendrait à cette place aujourd’hui. Parti travaillé tôt avec son père dans son entreprise de BTP, située du côté de Puymirol, il a ensuite repris ses études quelques années plus tard dans un milieu bien éloigné, celui de la banque. « J’adore les chiffres et le contact avec les clients, ce qui m’a poussé à aller plus loin pour pouvoir prétendre à des postes intéressants », explique-t-il. Au fil des évolutions, il est intégré à la plus grande agence Société Générale de Paris au service de grandes entreprises. Puis sa vie personnelle l’a poussé à revenir en Lot-et-Garonne, auprès de sa femme et sa fille restées ici. « C’était une superbe expérience malheureusement trop courte. J’avais repris mes études pour ça, c’était un vrai challenge. De plus, je me plaisais à Paris ce qui a rendu le départ d’autant plus difficile » Le voilà donc de retour… au même moment que le début de la crise sanitaire. Cependant, il rebondit rapidement et décroche un poste de chargé d’affaires au Crédit coopératif d’Agen. « Passer d’une agence de 250 personnes à une structure à taille humaine avec une dynamique totalement différente n’était pas évident, surtout en pleine crise sanitaire qui a forcément joué sur le moral de tous », confie-t-il. Le covid ayant suscité de nombreuses envies de reconversion professionnelle, Stéphane Chezal envisage lui de se jeter dans le grand bain de l’entrepreneuriat, à la recherche d’un nouveau challenge. « Je savais que j’allais rester ici désormais, donc j’avais cette volonté de lancer oureprendre une affaire et d’emmener ma famille dans cette aventure »

Si les produits resteront bien les mêmes, les packagings devraient se moderniser quelque peu prochainement.

Un associé de taille

Et c’est finalement l’histoire d’un heureux hasard qui l’a mené à la tête de la Biscuiterie agenaise. « J’ai rencontré quelquefois la comptable de la famille Bitone qui étaient clients. Puis je suis venu sur le site il y a plus d’un an. C’est là qu’ils ont annoncé leur départ à la retraite », raconte le nouveau gérant. Soit ils trouvaient quelqu’un pour prendre la suite, soit l’usine fermait ses portes, laissant la vingtaine de salariés sur le côté. « Je me souviens très bien des paroles de Marc Bitone : ‘il faudrait un jeune comme toi pour reprendre’ ». En partant, Stéphane Chezal demande à visiter l’usine, comme si ces paroles résonnaient encore dans sa tête… « J’ai découvert un autre monde, avec une intervention humaine encore très importante dans la chaîne de production pour respecter les différents procédés de fabrication. » Le four de 40 mètres de long a de quoi impressionner quand on arrive au premier étage où la magie opère. Et la douce odeur d’orange imprégnée dans les lieux n’a pu que faire chavirer les sens de Stéphane Chezal. « J’ai fini par les rappeler en leur disant que j’étais intéressé pour faire perdurer l’enseigne. » C’est là que les difficultés commencent. Il monte son projet pour le présenter aux banques, et se heurte à des refus catégoriques. C’est une rencontre avec la CCI qui marque un tournant dans l’histoire. « J’ai compris qu’il fallait que je m’associe à une personne du secteur agroalimentaire, où que je sécurise le partenariat avec la famille Emsalem, détentrice de King Salomon, qui achetait jusqu’à présent la totalité des biscuits produits ici, représentant 45% du chiffre d’affaires. » C’est cette dernière solution qui aura permis de débloquer la situation, puisque Michel Emsalem souhaitait absolument que l’histoire de cette biscuiterie continue. Il a donc accepté d’en devenir l’associé. Désormais, le nouveau patron souhaite développer la commercialisation des produits à l’export, déjà bien implantés en grande distribution et dans les réseaux spécialisés. Les packagings seront aussi modernisés, et la communication développée pour toucher une plus large clientèle, notamment les jeunes. « Nous travaillerons sur les matières premières. Si l’ensemble des produits sont déjà garantis d’origine française, nous irons peut-être sur le bio ou le label rouge pour pousser la démarche. » Le tout sous le contrôle du Grand Rabbin de Paris pour certifier les biscuits 100 % cacher. Mais la première étape majeure sera un déménagement à venir d’ici deux ans, dans un bâtiment existant ou neuf selon les trouvailles. « Une chose est sûre, nous resterons dans le coin. Je ne me serais jamais engagé tête baissée dans ce projet si les salariés ne m’avaient pas suivi. »

Renseignements //

132 avenue Michelet à Agen, 0553961724 ou biscuiterieagenaise.com. Ouvert de 8h30 à 12h30 puis de 13h30 à 17h pour la vente en direct.

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