Le pont de Camélat, cela ne sera pas pour 2023

Le chantier hors norme de Camélat avance mais trébuche un peu sur son calendrier. A l’occasion d’une visite réalisée sur le chantier avec les co-financeurs du projet ce vendredi 24 février, l’Agglo a annoncé que le projet aurait finalement un peu de retard. 

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Tout vient à point à qui sait attendre… Et il va falloir attendre un petit peu plus longtemps pour le pont de Camélat. Jean Dionis, maire d’Agen et président de l’Agglomération d’Agen, avait convié ce vendredi 25 février à Sophie Borderie, présidente du Conseil départemental, Jean-Noël Chavanne, préfet du département, et d’autres élus à venir se rendre compte de l’avancement des travaux du Pont et du barreau de Camélat. L’occasion d’un point sur le chantier, mais aussi de faire quelques pas sur l’ouvrage provisoire qui se rapproche progressivement de l’autre rive de Garonne. Pour rappel, ce chantier hors normes de 60 M€ permettra de relier Brax à Colayrac St-Cirq grâce à un pont de 240 mètres au-dessus de la Garonne et d’un plus petit bon, le barreau, enjambant le canal. Le but, désengorger le secteur du pont de Beauregard vers l’autoroute et fluidifier l’ensemble du trafic sur l’Agglomération en reliant directement la RN21 et l’autoroute A62 Bordeaux-Toulouse. Autre point fort du chantier, la création d’une immense voie verte permettant aux usagers de mobilités douces de profiter également de ces nouvelles infrastructures.
Démarré au 1er juillet 2022, l’énorme chantier suit relativement bien son cours. Ce vendredi 24 février, à l’occasion de la visite du chantier, Denis Audouard, chef de projet au sein de l’Agglomération, a pu faire un point aux élus sur l’avancement concret des travaux. Pour le moment, 50 % des ouvrages de décharges (chargés de gérer l’eau lors des crues) sont réalisés, les appuis des deux ponts ont été réalisés à 25% et 92% des livraisons d’acier ont été assurés, tandis que les convois exceptionnels commencent désormais à emmener les imposantes parties de la charpente métallique.

Des retards de livraisons et une addition qui se sale

Des travaux qui, s’ils avancent plutôt bien, seront pourtant livrés plus tard que ce qui était prévu. En cause ? La guerre en Ukraine. Le chantier du pont de Camélat, orchestré en grande partie par la société Eiffage, reçoit en effet de l’acier ukrainien nécessaire à sa construction. Problème, le conflit russo-ukrainien a vraisemblablement ralenti les livraisons… Et fait grimper l’addition. « Nous sommes dans un contexte compliqué concernant les livraisons » a avoué Jean Dionis, tout en assurant que tout se passait très bien. « Nous sommes très vigilants sur le déroulement des travaux » a continué l’édile avant d’avouer que l’Agglo entrait dans des « négociations contractuelles très difficiles ».
La raison ? Des clauses dans le contrat initial concernant la hausse des prix des matériaux, ce qui représente un enjeu non négligeable en termes de surcoût de prix des matériaux. Mais pour ce chantier d’envergure, financé en partie par l’État, par le Conseil départemental, mais surtout par l’Agglomération d’Agen, pas question que l’addition ne grimpe trop. « Notre partenaire entend mener durement les négociations, mais nous comptons les mener tout aussi durement ». Des négociations qui se joueront notamment pour éviter d’entrer dans des clauses de forces majeures… Une voix dans l’assemblée demande à quel montant pourraient s’élever les surcoûts, renvoyée du tac au tac par le président qui le lui « glissera plus tard ».
En conséquence de ces retards de livraison, le chantier accuse désormais un retard de mise en service du pont et du barreau. Prévus initialement pour fin 2023, les premiers automobilistes ne pourront emprunter le pont de Camélat qu’aux alentours du premier trimestre 2024.

L’Agglo échange son pont tout neuf contre la voie sur berge

Si l’Agglo est maître d’ouvrage du chantier et principal financeur des travaux à hauteur de 22M€, le pont de Camélat ne sera pas destiné à rester entre ses mains. En effet, le projet est de récupérer la gestion de la voie sur berge côté Agen, actuellement gérée par l’État en échange du pont de Camélat. Un dossier porté conjointement par Jean-Noël Chavanne et Jean Dionis. « Nous sommes en train de voir avec l’administration centrale afin de mettre en avant le fait que l’État récupérerait un ouvrage neuf et se délesterait de l’entretien d’un certain nombre de kilomètres sur une voie plus ancienne que représente la voie sur berge ». Mais pour l’instant, rien n’est encore joué et le pont n’est pas encore livré. « On y travaille », a sourit le préfet. 

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