Villeneuve-sur-Lot : La révolution amorcée du quartier des Cieutat

Lors des sept prochaines années, le quartier des Cieutat, au cœur de la Bastide, devrait radicalement changer de visage. Un massif plan de démolition et reconfiguration de cette fenêtre du centre-ville y est prévu. Le dossier, lui, est une nouvelle fois soumis à l'avis de la population.

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« Depuis mon arrivée au poste, c’est le projet qui nous a demandé le plus d’investissement ». Compte tenu de l’existence du dossier des Allées Georges-Leygues, cette déclaration du président de la CAGV (Communauté d’Agglomération du Grand Villeneuvois) et maire de Villeneuve-sur-Lot Guillaume Lepers a de quoi surprendre. Pourtant, à la première observation des plans, on comprend rapidement les mots de l’élu. A l’Agglo, on parle de requalification urbaine du quartier des Cieutat, mais de cette appellation relativement floue, il faut comprendre la mise en place d’une action de poids pour redorer l’image du quartier et par conséquent, de Villeneuve-sur-Lot. En effet, la zone, située à proximité de la Tour de Paris, est un sujet sensible que la municipalité locale a placé dans ses actions prioritaires sur le mandat. « On est dans un quartier relativement dégradé, en proie au gangrenage de ses ilots. La dévitalisation commerciale et l’insécurité latente sur place ne jouent pas en sa faveur », estime le maire. Là-bas, les marchands de sommeil pullulent, mais l’implantation récente du « Permis de louer » a déjà aidé à identifier les bailleurs malhonnêtes. La Ville s’est donc donné pour mission de « changer l’image d’un des plus beaux endroits de Villeneuve, mais aussi l’un des mieux placés. » On évoque ici clairement l’idée de reconquérir l’espace urbain.

L’ilot Dijon, le cœur du chantier

Pour comprendre, la CAGV va condenser ses efforts sur deux ilots identifiés comme « les plus endommagés et problématiques », précise Gilles Charollais, vice-président chargé de l’aménagement de l’espace communautaire. Le premier, qualifié « d’ilot Dijon », se situe entre la rue de Paris et la rue des Cieutat. Il est marqué par plusieurs immeubles abandonnés, voire en état de ruine. L’Agglo compte y construire et réhabiliter 14 logements locatifs au travers de nombreux chantiers, à savoir : les démolitions de quatre bâtiments rue Daubasse pour construire un nouvel immeuble disposant d’une cour à l’arrière ; la suppression de trois bâtiments sans intérêts patrimoniaux rue du Général-Gouget, « afin de créer une cour miroir à la cour du tribunal, offrant un nouvel espace végétalisé de 250 m2 » et la restructuration de deux immeubles de la rue des Cieutat pour la création de nouveaux appartements et d’un espace de coworking au rez-de-chaussée. Autre point important de ce premier ilot : les problèmes générés par la venelle de la rue de Dijon et l’impasse de Dijon. Tout d’abord, la venelle, aujourd’hui en mauvais état et propice à l’économie souterraine, connaîtra un nouvel accès créé au niveau de la rue Daubasse. L’actuel local vacant de la laverie y sera acquis pour être transformé en porche d’accès et local communautaire à destination des résidents. L’impasse, quant à elle, sera sécurisée, sa portion privée prochainement intégrée au domaine public, son sol pavé et l’axe entier enfin éclairé.

La Venelle de la rue de Dijon est l’un des points névralgiques du cas Cieutat

L’ilot Gouget, le premier effet boule de neige

Bien que l’essentiel du projet porte sur l’ilot Dijon, les élus ont préféré étendre le processus sur un autre ilot du quartier, entre la rue des Cieutat et celle du Puits-Couleau, qualifié d’ilot Gouget et présentant les mêmes caractéristiques que le premier étudié. Ici, le projet prévoit deux réhabilitations : celle d’un bâtiment particulièrement dégradé rue du Puits-Couleau et la démolition de dépendances attenantes rue Daubasse pour créer un logement qualitatif avec un espace extérieur et celle d’une dépendance au niveau de la rue du Général-Gouget. Cet ilot n’échappera pas non plus à la démolition d’un immeuble aux appartements non décents. Cet espèce de démantèlement aura pour vocation « d’aérer et d’améliorer la luminosité des immeubles adjacents. » Au total, 15 immeubles du secteur connaitront un renouveau. « On veut favoriser la vie sur place et c’est aujourd’hui le meilleur moyen d’y parvenir », assume le premier édile villeneuvois.

En concertation citoyenne

Ce n’est plus un secret, les élus apprécient l’intégration de la population à leurs projets. En ce qui concerne les Allées Georges-Leygues et plus récemment la voie verte, l’avis du public a d’ailleurs déjà été recueilli. Rebelote côté quartier des Cieutat. Et pour cause, une fois les immeubles démolis, certaines zones libérées attendent de connaître leur vocation future. La directrice de l’urbanisme à la CAGV Évelyne Michel, elle, table sur l’implantation de « design actif », en somme, un aménagement de l’espace public encourageant l’activité physique (panneaux de basket, marelle). Pour vous emparer du projet, un dossier de présentation, ainsi, est consultable ce jour jusqu’au lundi 12 juin, au Pôle urbanisme et habitat à Villeneuve et sur le site web de la CAGV. Enfin, pour formuler des remarques en direct, deux ateliers de rue sont prévus ce samedi 27 mai de 9h à 12h30 dans l’enceinte de « L’Atelier », rue de Paris et le mercredi 7 juin de 14 à 17h, au sein même de la rue des Cieutat. Côté travaux, à la CAGV, on espère des premiers coups de pioche durant l’été, mais la réalité est que le chantier avancera en fonction des différentes acquisitions. Estimé à sept années, il faudra prendre son mal en patience pour observer petit à petit le renouveau des Cieutat.

Exemple d’aménagement à débattre pour cette même venelle // Illustration CAGV

Une opération à 3,4M€

En attente de subventions dans le cadre du projet Action Coeur de Ville (plan de 5,5M€ visant à revitaliser le centre des villes moyennes en prônant une attractivité nouvelle), la municipalité a déjà récupéré 550 000€ pour le recyclage des friches. « On essaye de récupérer un maximum de financeurs, notamment auprès du fonds vert et de la dotation d’Etat aux territoires ruraux, et ce, pour arriver à 80% de financement », confirme Evelyne Michel. Au total, le projet nécessitera une enveloppe 3,4M€, soit l’une des « importantes du mandat ».

One Comment

  1. Bronger Reply

    J’aimerais bien savoir comment il va être possible de réhabiliter ce quartier vu que les « squatteurs » et « trafiquants de drogue » et autres habitent ce quartier et les rues avoisinantes.

    Le maire a t’il l’intention de les expulser de leur logement ???

    Ça m’étonnerait…

    Donc le quartier va être réhabiliter pour être dégradé de nouveau en même pas un an ?!
    Car c’est exactement ce qui va se passer et avec nos impôts je vous prie.’
    Ceux qui connaissent l’histoire de Montanou comprendront…

    Même la police laisse couler ce quartier qui est à deux pas du commissariat, sur ordre de qui …?

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