Ce SUA est-il capable de « jouer à l’agenaise » ?

C'est un souhait que le club n'a pas caché durant l'intersaison : celui de retrouver son rugby qui a tant participé à la renommée et au succès du SUA LG par le passé. Cependant, les forces en présence et l'évolution du rugby permettent-elles réellement d'envisager ce retour aux sources ?

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A l’heure où les tactiques de dépossession sont à la mode dans le petit monde du rugby, le SUA s’est demandé cet été comment exploiter les multiples ballons qui lui revenaient en match. Une réponse a alors été apportée : le jeu à l’agenaise, soit un jeu porté sur l’offensive qui colle à la peau du SUA et de ses plus grandes légendes. C’est en pratiquant ce jeu plein de fougue, prônant l’évitement plutôt que le contact, que le club lot-et-garonnais a entériné son nom et ses couleurs dans le paysage du rugby français. Une tactique néanmoins peu à peu disparue ces dernières années dans les rangs agenais, au détriment d’un jeu basé sur la conquête de ses avants. Fébrile la saison passée à Armandie avec seulement huit victoires, les mots d’ordre de la nouvelle saison en cours ont été définis à partir de cet échec : « reconquérir Armandie ». Et quoi de mieux pour reconquérir au passage les supporters qu’un retour revendiqué au jeu à l’agenaise. Cette information a fait l’effet d’un élément de communication pour le SUA pendant l’été, en attendant de voir les premiers matchs. Après observation, à Armandie, il est clair que les intentions de jeu commencent à changer. Le ballon circule un peu plus et les joueurs s’accordent à prendre la touche pour aller à l’essai plutôt que les points au pied, mais les Agenais produisent-ils vraiment ce qui s’apparente être son jeu traditionnel ?

« Jouer à l’agenaise, c’est d’abord gagner »

Aux supporters qui espèrent revoir un aperçu du SUA à sa plus belle époque, il ne faudra pas se leurrer, ce n’est pas possible actuellement, du moins pas totalement. Et c’est le manager des « Bleu et Blanc » Bernard Goutta qui l’argumente : « Le SUA d’il y a 20 ans n’est évidemment plus le même au niveau des joueurs, mais cette affirmation s’accorde aussi au rugby. En situation d’attaque, les espaces sur le terrain ont été restreints par les défenses qui sont de plus en plus resserrées, assume-t-il. Pour moi, le jeu à l’agenaise, ce sont des contre-attaques et des turnovers qui amènent des essais et c’est en ce sens qu’on peut le retrouver aujourd’hui, parce que dans le rugby actuel, le jeu déstructuré offre les meilleurs ballons. » Pour autant, le manager en poste depuis janvier 2022 rappelle qu’à ses yeux, « le SUA a toujours possédé un paquet d’avants conquérant. » Il poursuit : « Le jeu à l’agenaise, c’est gagner ses matchs, ensuite c’est le contenu et cela passe par une base solide qu’on est en train de voir sur ce début de saison. On doit garder notre défense bien en place pour conserver nos ballons pour mieux les exploiter dans les quelques espaces qui se libèrent. La saison dernière, nous n’étions pas capables de cela », argue-t-il.

Barry Maddocks, un atout dans le processus

Une des nouveautés de l’été fut les arrivées de Barry Maddocks et Adel Fellah comme entraîneurs des trois-quarts pour le premier et de la touche et défense pour le second. C’est à partir de leur arrivée que Bernard Goutta s’est détaché un peu plus du terrain pour retrouver quasi-exclusivement sa qualité de manager. A l’entraînement donc, la conception de ce « nouveau jeu à l’agenaise » nous vient de Barry Maddocks. « On était l’une des meilleures défenses mais l’une des pires attaques l’an passé. Je voyais chez Biarritz une conquête moyenne et l’une des meilleures attaques, notamment sur le jeu de transition, c’est ce qui m’a intéressé chez Barry et c’est pour ça que je l’ai rencontré dès janvier. Je voulais qu’il prenne cela en main pour amener ses principes et son panache », détaille le manager qui assure observer déjà d’énormes progrès chez ses joueurs dans ce processus. Après tout, il reste encore au moins 27 matchs cette saison pour s’en apercevoir…

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