Villeneuve-sur-Lot : Habitalys déploie un nouveau logement pour les victimes de violences conjugales

Trois ans plus tard, le dispositif d'Habitalys s'étend vers un second logement d'urgence à Villeneuve-sur-Lot. Un système aujourd'hui renforcé par l'association de deux structures locales avec la Maison des femmes et le Relais.

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La semaine dernière, le bailleur social Habitalys et le centre communal d’action sociale (CCAS) de Villeneuve-sur-Lot, annonçaient la nouvelle avec retenue. La mise à disposition d’un deuxième appartement pour les victimes de violences intrafamiliales est de bon augure, mais elle rappelle « que s’il y a besoin que l’on fasse ce type de manœuvre, c’est qu’il y a une demande et à ce sujet, ce n’est pas forcément réjouissant », clame Bruno Guinandie, directeur général d’Habitalys. Déjà en 2021, l’office public de l’habitat en Lot-et-Garonne proposait un premier appartement équipé à Villeneuve-sur-Lot à destination de ce public spécifique. « On a un appartement, on le gèle, on le rénove et on le propose gratuitement pour quelqu’un dont la situation fait le cas d’une urgence », ajoute-t-il. Ce nouvel appartement, de type T3 comme le premier, rentre dans le fameux dispositif nommé « Rassure-toit », qui assure : la mise à disposition de l’appartement équipé et meublé, la gratuité du coût du logement, la prise en charge (loyer et charges) des dépenses d’énergies et d’entretien par Habitalys, l’accompagnement social des personnes logées par la structure d’accueil en partenariat avec les associations locales, et la confidentialité. Car oui, l’adresse de ce logement, bien que situé en centre-ville pour donner accès à son résident à tous les services à proximité, reste anonyme pour garantir une certaine sécurité.

Après le CCAS de Villeneuve-sur-Lot, c’est l’association Relais qui conventionne avec Habitalys pour loger au sein de ces logements des personnes dans le besoin. « Elle permettra à la personne accueillie et, le cas échéant à ses enfants, de se poser et d’engager des démarches permettant l’accès à un logement autonome. » Ainsi, les demande seront dorénavant principalement transmises à l’association Relais.

Des chiffres qui grossissent

Pensé comme une solution d’urgence pour les victimes d’urgences intrafamiliales, ce dispositif se veut aussi, de par l’accompagnement social des associations partenaires, être un tremplin progressif vers le retour au parcours de logement classique. « On espère que les résidents puissent y être logés deux à trois mois avant d’être progressivement réorientés vers un retour à l’autonomie », commente Xavier Clerc, adjoint au maire à l’action sociale et à la santé, vice-président du CCAS villeneuvois. Toutefois, les chiffres ne suivent pas forcément cette tendance et ne rassurent pas en ce début d’année 2024. « En 2022, le seul appartement à l’époque à été occupé 157 jours au total, puis 238 en 2023. Deux demandes ont été faites cette dernière année , par des femmes seules et parfois même avec des enfants. » Des chiffres alarmants alors qu’Habitalys recense aussi une certaine « incivilité et dégradation au cœur des logements ». De son côté, Relais note avoir accueilli 21 femmes victimes de violences en 2023. Avec ce nouvel appartement, le nombre de logements de ce type et dans cet objectif passe à 11 en Lot-et-Garonne et bientôt 12 avec l’inauguration d’un nouveau bien à Marmande au mois de février.

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