Artisanat : « Aujourd’hui, les artisans n’ont aucune visibilité »

Avec 10 000 entreprises et 20 000 salariés, le secteur de l'artisanat pourrait être vu comme un secteur en bonne santé. Si des entreprises continuent de se créer et que certains secteurs profitent d'un bon taux d'employabilité, pour le président de la chambre des métiers Jean-François Blanchet, il faut garder à l'esprit que l'équilibre est fragile.

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Près de 10 000 entreprises artisanales actives, 846 de plus qu’en 2023 et 1012 apprenants en cours de formation sur le territoire. Des chiffres qui sont encourageants mais face auxquels il faut tout de même rester mesuré comme l’a souligné à l’occasion d’un point presse Jean-François Blanchet, président de la chambre des métiers et de l’artisanat du Lot-et-Garonne. « Aujourd’hui, après le passage du covid, des prêts garantis par l’État, de la crise énergétique, les trésoreries sont à plat et il devient plus facile de fermer son entreprise que d’en créer une. » Pour la Chambre, 4 problèmes principaux ont été identifiés : les charges énergétiques d’abord, qui touchent de nombreux artisans, notamment dans les métiers de bouche, la charge administrative, le recrutement et enfin les repreneurs à trouver.

Un virage important

Malgré la fragilité du secteur, la Chambre des métiers se veut optimiste quant à la situation, notamment en mettant en avant l’implication et la motivation des jeunes dans les formations. En Lot-et-Garonne, la palme revient aux métiers de bouche (notamment boulangerie-pâtisserie) qui rassemblent 28 % des apprenants en formations dans le département. « Aujourd’hui, 80 à 90 % de nos jeunes trouvent un emploi après la formation et entre 20 et 30 % d’entre eux montent une entreprise et, aujourd’hui, il faut du courage pour en monter une », salue le président. Et ces jeunes représentent l’avenir de l’artisanat dans un département où plus de 30 % des chefs d’entreprises ont plus de 55 ans et peinent parfois à trouver des repreneurs comme dit plus haut.

« Rouvrir les volets en ville »

Pour Jean-François Blanchet, la balle est aussi dans le camp des consommateurs. « Aujourd’hui, il faut cesser d’aller acheter son croissant à 20 km en voiture et pleurer qu’il n’y a plus de boulanger dans son village », expose-t-il. Selon lui, il faut « rouvrir d’abord les volets avant de refaire les routes. Les cœurs de ville en prennent un coup. Il faut redonner le goût de ce qu’est l’artisanat. On ne s’en rend plus compte. Il faut vivre local, vivre artisanal. »

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