Paul Vo Van : « C’est naturel pour moi d’être impliqué dans la vie du Lot-et-Garonne »

Archictecte, politicien, dirigeant d'entreprise et engagé dans de nombreuses commissions de protection de l'environnement... Paul Vo Van s'établit un peu partout dans le Lot-et-Garonne. Un personnage engagé qui se dévoile dans cet entretien.

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Quidam Hedbo. : Vous êtes un éminent personnage de ce département, notamment parce que vous êtes affilié à nombre de postes, pouvez-vous rappeler les différentes fonctions que vous occupez ?

Paul Vo Van. : Alors, tout d’abord, je suis architecte de métier, mais à cela, j’ajoute un poste de vice-président de la commission développement durable au Département, de président d’Agropole Services, de porte-parole du groupe EELV (Europe écologie les Verts) en Lot-et-Garonne et je suis aussi élu référent pour un certain nombre de sujets liés à l’eau. Je siège au SMEAG (Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne), je suis président du comité de pilotage du projet Ramage, de la commission géographique Garonne Agenaise et responsable de l’atelier des transitions mis sur pied pour apporter un éclairage et des solutions sur des sujets d’actualité sur le réchauffement climatique. Enfin, je peux aussi dire je suis un petit peu enseignant.

Q.H. : Au vu du nombre de postes occupés, vous semblez impliqué pour ce département, quel regard portez-vous sur ce dernier ?

P.V.V. : Le Lot-et-Garonne, c’est un département clé et symptomatique de la façon dont on va se nourrir demain. Ne serait-ce que parce que l’agriculture y joue un rôle primordial, avec une richesse des filières incomparable, ce sont des éléments qui me parlent. Ici, l’agriculture et la production agro-alimentaire sont au centre des enjeux économiques et c’est des combats que je porte quotidiennement, autant avec EELV, qu’avec Agropole où on essaye d’être positionné sur une façon responsable de donner de l’emploi à ce département. C’est naturel pour moi d’être impliqué dans la vie du Lot-et-Garonne.

Q.H. : Et en parlant d’engagement, vous avez été nommé porte-parole d’EELV 47 il y a un an, quelle est l’origine de ce poste de représentant ?

P.V.V. : Les sujets que je défends peuvent nécessiter une prise de parole pour porter aux publics ces thématiques sensibles qui méritent de l’attention. On a besoin d’une pensée plus responsable qui peut être va à l’encontre d’une façon de penser facile. Par exemple, pour la réhabilitation du seuil de Beauregard, je suis surpris que les associations environnementales doivent faire des communiqués insistants pour se faire entendre. Elles pourraient se faire interroger de manière plus systématique sur des sujets comme ceux-ci. Là, la communication a été faite à sens unique. Fatalement, ce type de sujets va à l’encontre de certaines réglementations européennes, donc avec ce poste clé que j’occupe, on réfléchit à comment éveiller l’attention et alerter le public sur des problématiques qui nous concernent.

Q.H. : Localement, le parti et ses représentants ont été la cible des critiques des agriculteurs ces derniers mois, de votre côté, pensez-vous que les combats des deux groupes sont si éloignés que ça ?

P.V.V. : Le combat des deux partis est convergent, l’un sans l’autre n’existe pas. Les agriculteurs se battent pour leur revenu et ils ont raison, ils sont les premiers frappés par le dérèglement climatique, donc il faut travailler collectivement. En France, 80% des aides sont données à 20% des agriculteurs. Ils sont soumis à la Politique Agricole Commune mais il faut aussi rappeler que les écolos votent contre celle-ci. Dernièrement, les écolos ont même voté une loi qui instaure une façon de mettre en place un système de tarification minimal de la fonction agricole. A cela, la droite ne vote pas cette loi, la majorité aussi et l’extrême droite s’est abstenue. Ceux qui s’attaquent aux vrais problèmes structurels, c’est nous.

Q.H. : Quant aux dernières actualités qui vous concernent, l’Agropole a récemment annoncé la création d’une nouvelle marque « Ici, l’agro vous sourit ». Quelle est l’objectif derrière cette dernière ?

P.V.V. : Cette marque a vocation de fédérer les industriels locaux et pas seulement ceux de l’Agropole, pour engager une dynamique positive visant à renforcer l’attractivité des entreprises adhérentes à ce label. Ce projet programmé sur trois ans aura pour objectif d’attirer de nouveaux talents, et de fidéliser les compétences des salariés déjà en poste. Pour cela, des outils seront créés et seront dévoilés prochainement.

Le quiproquo du centre de soins du Gravier

Q.H. : Alors qu’une antenne de la Candélie ouvrira le 2 mai à Agen au Gravier, le public s’est montré particulièrement critique vis-à-vis de l’esthétisme du bâtiment. En tant qu’architecte en charge du projet, qu’avez-vous à répondre à ceux qui n’auraient peut-être pas compris ce parti pris architectural ?

P.V.V. : On a peu parlé du concept du bâtiment qui était structurellement complexe avec un budget restreint. Il faut d’abord comprendre qu’on a essayé de faire respirer le bâtiment de façon plus manifeste. Il faut rentrer dedans pour en profiter. On a essayé de lui redonner une clarté qu’il avait perdue, notamment au dernier niveau avec l’hôpital de jour ouvert sur la ville. Quant à la façade, le travail effectué, c’est-à-dire de différencier cette dernière en deux parties, a été réalisé dans l’optique de donner une fenêtre sur la ville. On voulait traduire ce projet aussi médical que sociétal de cette manière. On voulait même ouvrir la façade à tous les niveaux et pas qu’au dernier, mais on aurait dû supprimer des bureaux, ce qui n’était évidemment pas envisageable.

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