La Rétrospective //
Le SU Agen a vu ses derniers espoirs de phases finales s’envoler dans l’Ain. Battus sur la pelouse d’Oyonnax Rugby le 24 avril (39-12), les Agenais ont longtemps rivalisé avant de céder dans le dernier quart d’heure, sanctionnés par le réalisme et la puissance d’un concurrent direct plus maîtrisé dans les moments clés. Le ton avait pourtant été donné dès l’entame, sur un rythme digne d’un match couperet. Cueillis à froid, les Agenais ont immédiatement réagi, capables de répondre dans la foulée pour ne pas subir le scénario. Le SUA a su rester au contact grâce à son efficacité. Peu de munitions, mais une capacité à convertir ses rares occasions, symbolisée notamment par une nouvelle réalisation de son ailier en forme. À la pause, l’écart restait minime (13-12), et tout semblait encore possible. Mais le deuxième acte a progressivement fait basculer la rencontre. Toujours sous pression, souvent pénalisés, les Agenais ont passé beaucoup de temps à défendre, laissant trop d’énergie dans les zones de combat. Derrière, le SUA a fini par céder physiquement, subissant les assauts répétés d’Oyonnax dans les vingt dernières minutes. Au-delà du résultat, c’est surtout la conséquence comptable qui pèse. Distancés dans la course au top 6, les Agenais ne maîtrisent plus leur destin et voient leurs ambitions quasiment s’éteindre. Une déception, forcément, mais aussi la confirmation d’une progression. Car dans ce type de rendez-vous à haute intensité, le SUA a montré qu’il pouvait exister, tout en mesurant le chemin qu’il lui reste à parcourir pour franchir ce cap. Place désormais à une autre fin de saison, avec de nouveaux objectifs à définir avant la réception de Soyaux-Angoulême.
La Décla //
« Il y a de la déception, forcément, mais il faut aussi être lucide sur ce qu’on vient de vivre. Mathématiquement, oui, c’est encore possible, mais on sait très bien qu’on a pris un coup et qu’aujourd’hui la sixième place est devenue très compliquée à aller chercher. On va digérer ça cette semaine, puis on remettra les objectifs sur la fin de saison. Mais il n’y aura pas de relâchement, ça je peux vous le dire clairement. On n’a jamais fait d’économie et on n’en fera pas maintenant. J’ai entendu les mêmes choses après Vannes, et derrière on a su répondre. Là, on a pris un petit K.-O., mais on va se relever et jouer les deux derniers matchs à fond. Il reste Soyaux-Angoulême à la maison, il faudra bien finir à Armandie, et ensuite on ira à Mont-de-Marsan pour aller régler le match. Je le dis dès maintenant. Ce championnat, on le respecte. Et cette équipe aussi. Même si on est touchés, on ne va pas tricher. On veut continuer à être performants jusqu’au bout, parce que c’est important pour la suite, pour le groupe, pour le club. Et puis il y a aussi des motivations individuelles, comme Lucas Martins et ses essais, ou les gars qui vont quitter le club. On veut bien finir pour eux aussi. Donc oui, il y a de la déception. Mais il y a surtout l’envie de finir proprement. Et tant qu’on sera sur le terrain, on jouera à fond. » — Mauricio Reggiardo (manager du SU Agen)
Le Flop // Des corps touchés, une fin de cycle brutale
Le combat attendu a bien eu lieu, mais il a laissé des traces. Et elles sont surtout agenaises. Dans une rencontre d’une intensité rare, le SU Agen a payé un lourd tribut physique à Oyonnax, au moment même où la saison basculait définitivement. Symbole de cette soirée noire, la sortie prématurée d’Ollie Cummins, victime d’une commotion, a rapidement fragilisé la ligne de trois-quarts. Mais c’est surtout le cas d’Alex Burin qui marque les esprits. Entré en jeu pour apporter sa puissance, le pilier n’a tenu que quelques minutes avant de quitter ses partenaires, touché à la cheville, en larmes. Verdict : saison terminée. Et, de ce fait, fin d’aventure sous le maillot agenais pour le natif de Châteaubriant, arrivé en Lot-et-Garonne en 2017 et comptabilisant 121 feuilles de match avec Agen. Avant de rejoindre Castres la saison prochaine en Top 14, nul doute que le pilier recevra un bel hommage du club ce vendredi.
Le Chiffre // 7
Au-delà de sa 7e position au classement de Pro D2, c’est aussi la place occupée par le SU Agen à la fois au classement des attaques et des défenses de Pro D2 après 28 journées. Avec 723 points inscrits, les Agenais pointent au 7e rang offensif du championnat, tout en affichant également la 7e défense avec 686 points encaissés. Une double lecture qui traduit la régularité d’une équipe globalement équilibrée dans ses performances. Un véritable septième, jusqu’au bout des stats.
La Projection //
Le SU Agen retrouve Armandie pour la réception de Soyaux-Angoulême (vendredi, 19h) avec une perspective désormais clarifiée. La course au top 6 s’est presque refermée (7 points de retard sur Brive), mais la saison n’est pas terminée pour autant. Après la défaite à Oyonnax, les Agenais doivent surtout gérer la transition entre une ambition sportive désormais envolée et la nécessité de bien conclure un exercice longtemps animé. Dans ce contexte, le discours reste ferme. Pas question de lever le pied, ni de modifier l’approche des derniers rendez-vous. Le staff insiste sur la continuité et l’exigence jusqu’au bout, dans un championnat où chaque match conserve un enjeu de classement, d’image et de construction pour la suite. Face à Soyaux-Angoulême, l’objectif est d’abord de retrouver de la maîtrise et de la constance sur 80 minutes, après un déplacement en Auvergne qui a mis en lumière les limites du moment. À domicile, le SUA voudra aussi s’appuyer sur ses certitudes offensives, dans une saison où il a largement démontré sa capacité à marquer et à produire du jeu. Au-delà du résultat, cette rencontre doit surtout permettre de relancer une dynamique positive avant la dernière sortie à Mont-de-Marsan, affichée comme un rendez-vous à forte charge symbolique. Quid aussi de Lucas Martins, actuel meilleur marqueur d’essais du championnat cette saison. Conservera-t-il sa position ? Pourra-t-il ravir le record de Rupeni Caucaunibuca qu’il a récemment égalé (16) ? Une manière de refermer proprement une saison contrastée, bien que largement plus séduisante que l’exercice 24/25, sans renier l’identité de jeu qui a accompagné le groupe jusqu’ici et ainsi créer d’ores et déjà une pente ascendante vers la prochaine saison.







Laisser un commentaire