Villeneuve : Le débat sur les finances s’invite (déjà) en conseil municipal

Le traditionnel débat d’orientation budgétaire a été avancé de plusieurs mois par la municipalité villeneuvoise afin que le budget 2023 puisse être voté avant le 1er janvier

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« Mini-révolution » lors du dernier conseil municipal de Villeneuve-sur-Lot, ce lundi soir. D’ordinaire tenu en début d’année, le débat d’orientation budgétaire était à l’ordre du jour de la première séance automnale. Le budget primitif devant être voté dans les deux mois suivant ce débat, il sera adopté d’ici le mois de décembre. La loi impose aux collectivités que cela soit fait d’ici la fin avril mais rien n’empêche de le faire plus tôt. « Cette organisation m’a toujours posé problème, justifiait Guillaume Lepers. Il n’est pas logique d’attendre le deuxième trimestre pour définir le cadre budgétaire de l’année. Aucune collectivité n’interrompt ses activités en attendant ce vote. Une famille ou une entreprise connaît parfaitement ses finances en début d’année. Je souhaite qu’il en soit de même dans cette mairie. »

Il faut dire que ce calendrier est aussi dicté par d’autres éléments administratif. « Il est plus facile de construire son budget au premier tiers de l’année. En avril, le compte administratif est réalisé et le montant des dotations de l’Etat est connu. Au vu de la situation actuelle, je pense qu’il n’y a pas de moments meilleurs qu’un autre. Il faut voir l’impact majeur du dégel du point d’indice tombé au milieu de l’été. Cela n’aurait fait aucune différence si le budget avait été voté en décembre ou en avril. » Si la crise de l’énergie impacte les finances de la ville, quelques interrogations subsistent. C’est notamment le cas de la participation de l’Etat. Les élus villeneuvois suivent avec attention les débats sur la loi finances, actuellement en cours à l’Assemblée nationale.

38 M€ d’investissements prévus jusqu’en 2026

Si la forme n’a pas soulevé de débats, la majorité de Guillaume Lepers a en revanche été attaquée sur le fond. Le plan annuel d’investissements (PAI) s’élève à 3,3 M€, alors que le plan pluriannuel (PPI) est chiffré à 25 M€ de 2023 à 2026. « Quand on additionne les deux chiffres, cela donne 38 M€ d’investissements jusqu’à la fin du mandat », complétait Sylvie Fourès, adjointe aux finances. Parmi les projets structurants, 4,1 M€ sont notamment dédiés à la rénovation du boulevard Georges-Leygues, 3 M€ pour les ilots Dijon et Goujet ou encore 2,3 M€ pour le plan LED.

L’opposant Frédéric Ladrech a estimé que « rien ne prouve dans ces chiffres que votre politique d’investissement est ambitieuse. Vos choix sont contestables. Faut-il vraiment mettre autant d’argent sur le boulevard alors que de nombreuses rues méritent des rénovations ? Y aura-t-il vraiment un impact sur le commerce en centre-ville ? Je m’interroge également sur les 2 M€ consacrés à l’église Ste-Catherine. Certains indicateurs lancent une alarme. L’épargne brute dévisse dangereusement et la capacité de désendettement augmente. Cela augure une fin de mandat très compliquée. »

Une intervention qui a fait réagir le maire de Villeneuve-sur-Lot. « Vous dites tout et son contraire. Nos ratios se dégradent, c’est certain, mais ça reste correct si nous voulons continuer à investir. Nous devons rattraper le retard pris par votre précédente mandature sur de nombreux dossiers comme la voirie ou la rénovation des écoles. Sur ce dernier point, si le budget passe cette année, c’est parce que les travaux d’isolation vont nous permettre d’appréhender de manière plus sereine l’hiver qui arrive. Enfin, je ne veux pas juste investir l’année avant les élections comme vous l’avez fait. Les projets structurants, c’est dès maintenant. » Qui a dit qu’il n’y avait qu’à l’Assemblée nationale que les débats budgétaires étaient animés ?

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