Villeneuvois : la Maison Forte se mue en école pour les jeunes en décrochage

Depuis cinq ans, le réseau d’écoles « Etre » met en lien les jeunes dits en décrochage et les métiers verts. Se développant en France à raison d’un établissement par département, la Maison forte, située à Monbalen, a été choisie pour représenter le Lot-et-Garonne à l’échelle nationale.

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« Chaque année 154 000 jeunes de 16 à 25 ans décrochent de la formation et se trouvent hors radar. Parallèlement, on annonce 1 million d’emplois non pourvus dans les 30 prochaines années liés aux métiers de la transition ». C’est de constat que s’est construit le réseau d’écoles « Etre », (Ecole de la Transition écologique), aujourd’hui représenté dans une grande partie de l’Hexagone avec 20 établissements édifiés à ce jour. Sur sa lancée, le réseau s’étendra même au nombre de 30 en cette année 2024, avec l’objectif de couvrir le pays à raison d’une école « Etre » par département. En Lot-et-Garonne, c’est le tiers-lieu monbalenois de la Maison Forte qui a été retenu pour accueillir l’institution.

Un diagnostic qui dérange

« L’étude de territoire que l’on conduit depuis un an maintenant, révèle que les jeunes munis d’un capital social, culturel, économique… quittent le département pour Toulouse et Bordeaux et ne reviennent guère laissant vieillir ce territoire, les autres sont comme « assignés à résidence ». Parmi eux, les « décrocheurs ». Si celles et ceux qui quittent l’école sans diplôme sont estimés chaque année, à 150 000, en France, on connaît mal leur nombre ici, mais ils sont nombreux », détaille la Maison Forte. Car une école Etre ne se construit pas sans un diagnostic de territoire que le tiers-lieu associatif avait déjà amorcé auprès des entreprises, lieux de formations, élus, prescripteurs… « À ce jour, cinquante acteurs rencontrés pour un premier constat : les familles ont décroché, les écoles ont décroché, les entreprises ont décroché ; la société décroche et… ce sont les jeunes que l’on appelle les décrocheurs ? Nous avons un problème de société, il faut résoudre ce gâchis d’autant que ces jeunes ont des savoirs, des aptitudes essentielles pour des métiers nécessaires aux enjeux qui seront les nôtres demain ».

La première semaine de remobilisation :

Pour ce projet, la Maison forte est en période d’incubation auprès du réseau « Etre ». Cette incubation passe par une première phase de remobilisation qui aura lieu du 04 au 15 mars et qui sera dédiée à 8 jeunes. L’enjeu : Partager avec nous deux semaines au cours desquelles ils travailleront à identifier les problèmes qu’ils ont eus lors de leur parcours, afin de leur redonner confiance dans leur capacité à accéder à une formation. Ce temps est gratuit pour les bénéficiaires. Au programme : rencontres avec des artisans, ateliers avec des artistes, définition de projets personnels, jeux coopératifs… Une dizaine de professionnels se mobilisent pour permettre à ces jeunes de dessiner leur voie.

Durant un second temps, « nous accueillons ces jeunes, selon différents formats pour les éveiller aux questions de la protection de l’environnement et les immerger dans différents métiers qui nous occupent : alimentation végétale, éco-construction, agro-foresterie, upcycling. Nous profitons de ce temps pour les accompagner dans le choix d’une formation, pour identifier d’éventuels employeurs. Il nous semble qu’une des conditions importantes est de créer un lien, le plus en amont possible, avec des entreprises qui souhaitent engager ces jeunes, en s’engageant à adapter leurs process pour un engagement renforcé sur les questions écologiques. » A la clé, l’objectif de la Maison Forte est de valoriser le tissu d’entreprises capables de participer à un développement durable du département en propulsant chez elles des jeunes sensibilisés et qualifiés.

Qu’est-ce qu’une école « Etre » ?

Le réseau des écoles « Etre » mettent « le faire » au centre des projets d’apprentissage pour remobiliser ces jeunes et pour « dire non à ce gâchis de savoir-faire, d’espoirs et de compétences. » En agissant sous le prisme de la protection de l’environnement, l’enjeu de leur travail est de remettre positivement les jeunes dans la dynamique du monde actuel au travers des métiers verts, qui « sont porteurs de sens mais sont aussi un réel débouché pour des jeunes qui n’ont pas trouvé leur voie. » Pour cela, l’école « Etre » met en lien un ensemble d’acteurs : éducation nationale, espaces de formation, prescripteurs et entreprises. En France, 20 écoles « Etre » remobilisent chaque année des centaines de jeunes de 16 à 25 ans. 76% d’entre eux retrouvent un parcours professionnel et d’estime de soi.

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