Elections européennes : un raz-de-marée « bleu marine » en Lot-et-Garonne

Dimanche soir, la liste RN portée par Jordan Bardella est arrivée première dans la totalité des 319 communes du Lot-et-Garonne. Des élections européennes au goût historique, alors que se prépare des élections législatives anticipées.

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Jamais deux sans trois. Le Rassemblement National arrive en tête des élections européennes pour la troisième fois de suite, après avoir déjà dominé les scrutins en 2014 et 2019. Mais, localement, ce qui marque le plus les esprits aujourd’hui, c’est la progression du parti d’extrême droite. Quand vient le moment de se présenter devant les urnes, les idées de Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui a lui porté la candidature du RN, se sont bien développées au fil des années dans la totalité du 47. Avec une participation de la population à quasiment 56 %, le Rassemblement national a remporté 38,62 % des voix (NDLR, 29,45% en 2019). Rappelons que le score nationale du parti est quant à lui de 31,4%. Le Lot-et-Garonne marque donc un ancrage « bleu marine » comme très peu d’autres département le font en France. En métropole, seul le Territoire de Belfort compte, comme dans le 47, toutes ses communes avec Jordan Bardella en tête des scrutins. Et a titre de comparaison, si ce dernier vogue en tête dans les 319 communes du Lot-et-Garonne, il en avait déjà convaincu 292 d’entre elles il y a cinq ans.

Agen cède aux mains du RN

Villeneuve-sur-Lot, Marmande, Nérac… Même Agen, dernier grand bastion local de la macronie, s’est fait emporter par le Rassemblement National le week-end dernier. Rappelons quand même que Jean Dionis, le maire, n’avait pas hésité à s’investir dans la campagne pour soutenir la liste la majorité présidentielle, emmenée par Valérie Hayer. Au final, pas de quoi stopper Jordan Bardella qui a réalisé 27,64 %, devant Raphaël Glucksmann et le Parti Socialiste, puis la candidate Renaissance.

Un retour aux urnes

Mais pas le temps de laisser le choc des résultats retomber, le président Emmanuel Macron annonçait dans la foulée la dissolution de l’Assemblée nationale. Une seconde surprise qui a lancé une nouvelle campagne électorale dès ce lundi 10 juin. Le premier tour est prévu pour le 30 juin, suivi du second tour le 7 juillet, avec trois sièges à pourvoir en Lot-et-Garonne.

La dissolution la plus récente de l’Assemblée nationale date de 1997 : Jacques Chirac avait appelé à de nouvelles élections législatives deux ans après le début de son mandat de sept ans. Cette initiative s’était soldée sur un échec pour le président de l’époque, car le scrutin était remporté par une majorité de gauche, entraînant la formation d’une coalition et l’arrivée de Lionel Jospin à Matignon.

Cette fois-ci, les députés élus le 7 juillet prochain le seront pour un mandat de cinq ans. Cette mesure aura une autre conséquence : les élections présidentielles et législatives n’auront plus lieu la même année, sauf en cas d’une nouvelle dissolution.

La réaction de Sophie Borderie, présidente du Conseil départemental de Lot-et-Garonne

« Notre pays connait un mouvement de bascule politique sans précédent, entériné par le président de la République annonçant la dissolution de l’Assemblée nationale. Si les vagues populistes submergent beaucoup de pays européens, avec un score du Rassemblement national qui dépasse les 30 % dans l’Hexagone (et même bien plus dans les territoires ruraux comme le Lot-et-Garonne), les résultats de ce scrutin signent l’échec du président de la République dans sa tentative têtue de bipolarisation de la vie politique française entre libéralisme et extrême droite. Le score très élevé de cette dernière en dit long sur le sentiment de relégation ou de déclassement d’un grand nombre de nos concitoyens. Il nous faut prendre très au sérieux cette expression de colère et de désespérance de celles et ceux qui apportent leurs voix à des candidats prônant le repli sur soi et la stigmatisation.

Aujourd’hui, je pense que la proposition d’un changement profond de logiciel est bien de nature à emporter l’adhésion et à redonner de l’espoir, comme une alternative au libéralisme dont l’échec nourrit les populismes aux quatre coins de l’Europe. Cela vaut aussi sur nos territoires, particulièrement les plus ruraux, hors des grandes métropoles, où nos concitoyens ont souvent le sentiment que l’Etat ou l’Europe les abandonnent, ne les considèrent pas, les écrasent sous les normes et les règlements.

Cela explique sans aucun doute l’effet loupe des résultats de ces consultations électorales notamment en Lot-et-Garonne, territoire où nos collectivités connaissent elles-mêmes ce sentiment et redoublent d’efforts pour protéger les populations, préserver un système de solidarité efficient, maintenir des services publics de proximité, continuer d’investir dans les infrastructures du quotidien…

Ce combat est plus que jamais d’actualité. D’européen, le débat redevient de fait national. J’en appelle à toutes celles et tous ceux qui refusent cette impasse, à se projeter dans une perspective réellement humaniste, solidaire, écologiste et juste. »

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