Premier arrivé, premier servi. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la doctrine des opérateurs électriques Enedis et RTE. Dans la limite des capacités des postes sources, chaque département se voit attribuer un certain quota de mégawatts disponibles. Une partie de cette puissance est seulement « réservée », donc pas en fonctionnement, mais s’ajoute comptablement aux installations déjà en activité. Depuis le début de l’année 2025, le réseau lot-et-garonnais est considéré comme saturé. Par conséquent, la plupart des nouvelles « moyennes et grandes » centrales n’ont plus d’autorisation de se raccorder. La liste d’attente s’allonge de jour en jour et les nouveaux postes sources ne devraient pas voir le jour avant 2032-2034. Cette situation est très problématique à bien des niveaux. Pour des professionnels de l’énergie solaire qui ne peuvent plus commercialiser. Pour des industriels ou des agriculteurs qui ont édifié des bâtiments incluant dans leur financement les recettes générées par les toitures photovoltaïques. L’absurdité est d’autant plus grande que ces entreprises ont désormais l’obligation formelle d’intégrer ces équipements pour toute nouvelle construction. Face à cette impasse, le sénateur lot-et-garonnais Michel Masset a rédigé une proposition de loi visant à modifier les conditions d’accès au raccordement. « Rien que dans le département, on recense plus de 150 dossiers en attente. Certains sont des dossiers fantômes, c’est-à-dire qu’on ne sait pas quand ni s’ils verront le jour… Mais comme ils ont été déposés en premier, ils sont prioritaires sur d’autres pourtant prêts à être déployés plus rapidement. Mon texte a pour ambition de changer les critères d’attribution par décret, en tenant compte de la dimension opérationnelle. Un dossier prêt doit pouvoir sortir. En cas de litige d’arbitrage, c’est la CRE (ndlr, Commission de régulation de l’énergie) qui tranchera », assure le sénateur.
Unanimité
La proposition de loi a été votée à l’unanimité (moins deux abstentions) par les élus au Palais du Luxembourg. Reste maintenant à passer par l’Assemblée nationale pour être pleinement adoptée. Michel Masset compte sur les députés, en particulier ceux du département, pour pousser dans le même sens que lui. Ce premier vote est dans tous les cas une avancée symbolique importante pour les acteurs économiques du Lot-et-Garonne mais pas seulement. « De plus en plus de territoires ruraux, y compris dans le Sud-Ouest, se retrouvent confrontés aux mêmes difficultés. C’est pourquoi il est d’autant plus important que les choses évoluent rapidement », assure Michel Masset.






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